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Média-école des étudiants en journalisme

« En 1975, j’ai été violée par Roman Polanski »

18 décembre 2019 - 10:12

Le 8 novembre 2019, Roman Polanski est de nouveau accusé de violences sexuelles. (Crédits Photo : AFP – Christophe Archambault)


Caroline Devillers

Le réalisateur franco-polonais Roman Polanski est de nouveau accusé de violences sexuelles. Ce n’est pas un cas isolé pour celui-ci puisqu’il a déjà eu affaire à la justice pour les mêmes raisons. Retour sur ces histoires qui ont marqué le cinéma international.

 

La première victime à avoir brisé le silence concernant Roman Polanski s’appelle Samantha Geimer. En 1977, la jeune fille alors âgée de 13 ans aurait été droguée et violée par le réalisateur dans la maison de Jack Nicholson, absent aux moments des faits. Inculpé à la suite de la plainte de la jeune actrice, Polanski plaide d’abord non-coupable mais ensuite, pour éviter un procès médiatique, il change d’avis et plaide coupable de détournement de mineure. Un accord juridique est passé avec la plaignante et le réalisateur obtient trois mois de prison dont il sort au bout de 42 jours pour « conduite exemplaire ».

Roman Polanski, le 4 novembre 2019 à Paris (Crédits Photo: Thomas Samson. AFP)

 

En 1978, le juge qui s’occupe de l’affaire considère que la sentence n’est pas assez lourde pour le cinéaste et veut revenir sur sa décision. Roman Polanski s’envole alors pour Paris et la justice américaine délivre un mandat d’arrêt international. Cependant, la France et la Pologne, pays d’origine du réalisateur refusent de l’extrader. Il se fait arrêter en 2009 à Zurich, est incarcéré durant deux mois, puis assigné à résidence dans son chalet de Gstaad pour une période de huit mois. Deux mois après la fin de son assignation, la Suisse, à son tour, refuse de l’extrader.

 

En 2010, l’actrice britannique Charlotte Lewis accuse Roman Polanski d’avoir eu des relations sexuelles non consenties avec elle dans l’appartement parisien du cinéaste en 1983. Il aurait abusé d’elle alors qu’elle n’avait que 16 ans.

 

16 ans, c’est également l’âge qu’avait Robin, une autre victime du réalisateur quand elle aurait subi de sa part des agressions sexuelles. C’est en 2017 que cette femme, qui utilise un pseudonyme pour préserver son identité, accuse le cinéaste. « La raison pour laquelle j’ai gardé cela pour moi, c’est que je ne voulais pas que mon père fasse quelque chose qui aurait pu l’envoyer en prison pour le reste de sa vie », expliquait-elle alors.

 

Un mois après les accusations de Robin, c’est l’ancienne actrice Renate Langer qui dépose à son tour une plainte. Elle affirme avoir été violée par Roman Polanski en 1972 à Gstaad quand elle avait 15 ans. Les trois dernières affaires contre le réalisateur n’ont jamais abouti puisqu’il y avait prescription judiciaire (10 ans dans l’État de Californie où ont été déposées les plaintes).

 

Valentine Monnier, ici en 1980, accuse aujourd’hui Roman Polanski de l’avoir violée en 1975. (Crédits Photo: Collection Christophel, via AFP)

« En 1975, j’ai été violée par Roman Polanski », voici comment Valentine Monnier décide de lancer son « J’accuse » contre le cinéaste. Les faits se sont produits il y a quarante-quatre ans. Dans une lettre ouverte parue dans le journal Le Parisien le 8 novembre 2019, elle écrit : « Je n’avais aucun lien avec lui, ni personnel, ni professionnel et le connaissais à peine. Ce fut d’une extrême violence, après une descente de ski, dans son chalet, à Gstaad (Suisse). Il me frappa, roua de coups jusqu’à ma reddition puis me viola en me faisant subir toutes les vicissitudes. Je venais d’avoir 18 ans. »

 

Ce n’est pas la première fois que Roman Polanski se fait accuser de violences sexuelles, c’est cependant la première Française qui s’exprime à son sujet. Ces déclarations ont provoqué une vague de réactions à travers l’hexagone, quelques jours seulement après le témoignage de l’actrice Adèle Haenel qui accuse le réalisateur Christophe Ruggia d’attouchements et de harcèlement sexuel entre l’âge de 12 et 15 ans. On évoque un acte II au mouvement #metoo lancé en 2017 après l’affaire Weinstein.