« Prendre part à un événement aussi local quand on est loin ce n’est pas évident, en termes de logistique, mais aussi quand il est question de sentiment d’appartenance. Les élections ne sont pas pour nous [les expatriés] qui sommes loin. » - Yasmina Benis, canadienne résidente au Maroc (Crédit photo: Dina Jehhar)

Selon les données récoltées par la Fondation Asie Pacifique du Canada qui datent de 2011, plus de 2.8 millions de canadiens résident à l’étranger. Soit parce que le processus de vote à l’étranger semble trop complexe ou parce qu’il leur est difficile de se sentir sollicités par des politiques qui ne s’adressent pas à eux, les expatriés certainement plus nombreux aujourd’hui suivent une même tendance : ils et elles ne votent pas.

Mikaela Maalouf possède la double citoyenneté Canadienne-Américaine. Présentement résidente du Colorado, elle a habité au Québec pendant toute sa scolarité universitaire. Jeune femme engagée socialement et politiquement, Mikaela Maalouf affirme qu’elle aurait souhaité participer aux élections fédérales canadiennes, mais qu’avec la courte campagne, elle a manqué les délais qu’elle juge trop courts.

Pour les Canadiens résidant à l’étranger, Élections Canada a établi que la seule option de vote est par la poste suivant un processus défini. Tout d’abord, les citoyens et citoyennes devaient compléter une demande d’inscription au Registre international des électeurs. Une fois approuvés, ils et elles devaient soumettre une demande pour recevoir une trousse de vote avant le 14 septembre dernier. Finalement, afin que leur vote soit comptabilisé, les demandeurs et demandeuses devaient poster leur bulletin de vote de sorte qu’il soit reçu par Élections Canada avant le 20 septembre 18h (heure de l’Est).

« Avec les débats des chefs qui se sont suivis vers la mi-septembre, ça me laissait très peu de temps pour m’organiser à voter et aussi pour faire mon choix. 36 jours de campagne je trouve ça très court. » – Mikaela Maalouf

N’ayant donc pas respecté les échéances, la citoyenne canadienne résidant aux États-Unis ne vote pas aux élections fédérales de 2021.

Déconnectée par la distance

Yasmina Benis est originaire de Montréal, mais réside au Maroc depuis 13 ans. Pour elle, les élections fédérales canadiennes sont lointaines. Elle affirme ne pas suivre les campagnes électorales et ne plus être au courant de l’actualité politique de Canada. C’est pour cette raison qu’elle n’a pas l’intention de participer aux élections fédérales de 2021.

« Personnellement, je considère que la proximité géographique est très importante. Il est dur de se sentir interpellée par des politiques qui ne nous touchent pas et donc de vouloir s’investir. » – Yasmina Benis

Mère de deux jeunes adultes qui résident toujours dans la métropole, elle dit pousser ses enfants à s’informer et à exercer leur « devoir de citoyen pour faire entendre leur voix ».

Problème d’accessibilité

Selon Ana Pantazi, résidente de Trois-Rivières, mais présentement en Grèce, le processus de vote semblait trop compliqué pour les Canadiens voyageant à l’étranger.

Selon Élections Canada, les citoyens et citoyennes qui sont à l’étranger le jour de l’élection ont trois options pour voter : par anticipation dans leur bureau de vote québécois entre les 10 et 13 septembre, dans un bureau de poste canadien avant le 14 septembre ou par la poste en suivant le même processus que pour les Canadiens résidant à l’étranger.

Pour Ana Pantazi qui est en Grèce depuis le mois d’Août, la seule option qui lui reste est de voter par la poste. Toutefois, étant présentement sur une île grecque elle exprime avoir ressenti un problème d’accessibilité.

« Le système de poste sur les îles n’est pas idéal et tout le processus me semblait trop compliqué. J’ai donc décidé de ne pas voter cette année. » – Ana Pantazi