Ce projet d’envergure est piloté et financé par la Société immobilière du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (SIRCAAQ), tandis que l’Université Laval a accordé à la SIRCAAQ un bail emphytéotique d’une durée de 99 ans. Ce qui représente de la part de l’Université une contribution financière de plusieurs millions de dollars. Deux initiatives semblables existent déjà au Québec, soit à Sept-Îles et à Trois-Rivières, elles aussi réalisées par la SIRCAAQ.

Laurent Odjeck, directeur général de la SIRCAAQ. Photo : SÉDAC.

Dès les premières étapes de son élaboration, le projet a accordé une place centrale à la participation des communautés concernées. Comme le souligne Laurent Odjick, directeur général de la SIRCAAQ, la population étudiante autochtone a été consultée à de nombreuses reprises afin de guider les décisions et d’adapter le milieu de vie à leurs besoins. Les architectes en charge du projet ont également travaillé en collaboration avec une équipe de finissants en architecture issus des Premiers Peuples. 

Bien que la construction de l’immeuble soit amorcée depuis plusieurs mois, le projet demeure relativement méconnu au sein de la communauté étudiante allochtone de l’Université Laval.

L’élaboration de ce projet s’inscrit dans le plan d’action adopté en 2019 par l’Université Laval afin de favoriser la réconciliation avec les Premiers Peuples au sein de l’établissement. Ce plan vise aussi à soutenir la réussite scolaire et encourager l’obtention d’un diplôme chez les étudiants issus de ces communautés.

Vocation inclusive

Ce milieu de vie, qui ouvrira ses portes à l’automne 2026, se distingue des autres résidences sur le campus de l’Université Laval par sa vocation inclusive, étant accessible à tous les étudiants postsecondaires autochtones ainsi qu’à leur famille. Laurent Odjick met notamment de l’avant que la création de ce type de milieux de vie peut avoir un impact significatif sur la diplomation. Selon lui, ces espaces favorisent particulièrement le retour aux études en permettant un ancrage communautaire et culturel, même en contexte urbain.

« Une offre d’études adaptée est également une condition pour la réussite. » — Cathia Bergeron

Cathia Bergeron, vice-rectrice aux études et aux affaires étudiantes à l’Université Laval (photo : Université Laval).

Actuellement, le taux d’achèvement des études postsecondaires chez les membres des Premières Nations demeure considérablement inférieur à celui observé au sein de la population non autochtone. De plus, le taux varie entre les autochtones qui vivent à l’intérieur ou à l’extérieur d’une réserve. La diplomation étant à la hausse chez les étudiants issus des Premiers Peuples résidants déjà en centres urbains.

Cathia Bergeron présente ce milieu de vie comme une initiative visant à faciliter la transition vers un environnement urbain et à soutenir l’intégration des étudiants concernés.

Sur invitation de l’Association étudiante autochtone (AÉA), L’Exemplaire a participé à un cercle de discussion concernant l’émergence Yahndawa sur le campus et des besoins des étudiant.es concernées par le projet. Ce fut également une occasion de répondre aux interrogations collectées dans notre vox pop ci-dessus.

 

Au-delà de la réussite académique, un tel milieu de vie pourrait aussi contribuer à augmenter la présence autochtone dans des domaines où ces peuples demeurent sous-représentés, notamment en journalisme. En facilitant l’accès aux études et en maintenant un ancrage culturel en contexte urbain, Yahndawa (Rivière) pourrait participer à la formation d’une nouvelle génération de professionnels capables de raconter les réalités des Premiers Peuples du Québec.