La première édition du Festival international du journalisme de Carleton-sur-Mer (FIJC) s’est tenue du 19 au 21 mai en Gaspésie. L’événement a rassemblé le monde médiatique, mais aussi le public. Les participant.es ont pu échanger avec des journalistes d’expérience comme Florence Aubenas, Isabelle Hachey, Jacques Nadeau, Mylène Moisan et plus encore.

« Le Festival est le plus beau reportage que j’ai fait de ma vie », raconte le président du FIJC, Bertin Leblanc. C’est lui, l’homme derrière le Festival. Originaire de New Richmond en Gaspésie, il cumule les expériences en tant que journaliste et occupe le poste de directeur de la communication de l’ONG française Ensemble contre la peine de mort (ECPM). M. Leblanc rêvait d’un festival du journalisme depuis longtemps. Une idée centrale le guidait : un festival pour les citoyens et les citoyennes.

L’éducation citoyenne au journalisme est cruciale pour le président du FIJC. « L’information est un bien public et les citoyens ont la responsabilité de comprendre le travail des journalistes », croit-il. La mission du Festival est donc d’offrir des clés de compréhension au public. « Cette prise de conscience, que rien ne pourra remplacer le journaliste qui va sur le terrain, elle est aussi chez les citoyens », ajoute M. Leblanc qui ne voulait pas que l’événement ressemble à un congrès traditionnel. « Les gens viennent, échangent, prennent une bière, se nourrissent intellectuellement », explique-t-il. Son objectif ? Aborder des sujets sérieux, tels que la désinformation ou la crise de confiance envers le journalisme, mais tout en s’amusant et en apprenant.

Dans la dernière année, Bertin Leblanc a organisé le FIJC à distance, vivant en France. Il est de retour chez lui, après plus de 30 ans de carrière à l’étranger.

Le public était au rendez-vous durant le Festival. Bertin Leblanc mentionne avoir très bien dormi à la fin de la première journée, surpris par l’engouement. On compte plus de 300 entrées pour la pièce de théâtre documentaire présentée au cours du week-end. « Il est 9 h 30, un dimanche matin, et 120 personnes écoutent une histoire sur la langue française à la radio. Tu m’aurais dit ça il y a 6 mois : je t’aurais répondu qu’il y en aurait 30 », ajoute le président du FIJC. Bonheur et son sentiment d’accomplissement.

Le Festival s’est inspiré d’événements semblables en France. « La participation du public m’a beaucoup intéressé au festival de Bayeux en France », raconte-t-il. Le festival de Couthures-sur-Garonne a servi de modèle. « Il n’y a pas de trains, il faut y aller en voiture et c’est un village de 500 habitants qui se consacre entièrement au journalisme pendant quatre jours », rapporte-t-il. L’équipe de cet autre festival a même contacté M. Leblanc l’année dernière pour faire un accord de coopération. « Il y a d’ailleurs une délégation de notre festival qui part à Couthures cet été », se réjouit-il.

L’endroit parfait

Carleton-sur-Mer, ville d’environ 4000 habitants, s’imposait comme un endroit parfait pour le FIJC dans l’esprit de Bertin Leblanc. « On voulait que ce soit un temps d’arrêt et qu’on puisse se retrouver dans un lieu où il n’y a pas 10 000 distractions », explique-t-il.

« Quand j’expliquais que ça allait avoir lieu à Carleton-sur-Mer, personne ne m’a dit que c’était loin, raconte M. Leblanc. Je me disais, soit ils n’ont pas compris ou ils n’ont pas regardé de carte. Mais non, les journalistes ont embarqué. J’avais l’impression d’avoir une mini armée derrière moi », se réjouit le président du FIJC.

Le Festival s’est concentré autour du Quai des arts de la ville. « Si j’avais construit un lieu pour accueillir un festival, je l’aurais fait comme celui-là », croit M. Leblanc. On y compte un auditorium, une salle commune et une galerie pour des expositions. Notons aussi la vue sur la Baie-des-Chaleurs et le bar autour duquel se poursuivent les échanges en toute convivialité.

Le festival coïncide avec le centenaire de la naissance de René Lévesque, événement d’ailleurs soutenu par la Fondation éponyme. L’ancien premier ministre québécois et journaliste est originaire de la région : né à Campbellton au Nouveau-Brunswick, il a grandi à New Carlisle, en Gaspésie. Cependant, le symbole de ce lieu est une coïncidence. L’organisation du FIJC n’avait d’abord pas choisi Carleton-sur-Mer pour cela. Il s’agit plutôt du village d’origine de Bertin Leblanc qui mentionne « le hasard le plus complet dans l’histoire de ce festival ».