Les promesses de Québec Solidaire sur l’environnement, la justice sociale et la gratuité scolaire ont fait écho auprès des électeurs québécois. Avec 10 députés élus dans l’ensemble du Québec, le parti a connu une progression importante depuis quatre ans. Québec Solidaire devra maintenant convaincre les Québécois et Québécoises qu’elle est une formation crédible et qu’elle peut être portée au pouvoir.

 « Les électeurs ont hésité à voter Québec Solidaire en 2018. Ceux qui ne l’ont pas fait et qui se sont rabattus sur les autres options considérant que c’était des options plus réalistes, plus consensuelles, moins extrêmes, vont peut-être réfléchir et donner une chance à QS », analyse Thierry Giasson, professeur titulaire au département de science politique à l’Université Laval.

La voix des étudiants

L’association de Québec Solidaire à l’Université Laval fait le lien entre les étudiants et le parti. Elle organise des activités en lien avec les idées de Québec Solidaire et discute avec les étudiants pour connaître ce que ces derniers souhaitent apporter au parti. Son objectif principal est de faire valoir les idées des étudiants lors des congrès et des conseils nationaux du parti. « On a l’impression que l’intérêt pour Québec Solidaire va grandir ne serait-ce parce que QS a montré qu’il était capable d’être une force crédible en ce qui concerne la politique et qu’ils pouvaient faire un travail de terrain », souligne Olivier Charbonneau co-porte-parole de l’association de Québec Solidaire à l’Université Laval.

Les co-porte-parole de l’association campus de Québec Solidaire, Rebecca Breton et Olivier Charbonneau, soutiennent que l’intérêt des jeunes pour le parti grandit. (Crédit: Samuel Matte)

Pour prendre le pouvoir, Québec Solidaire doit conclure des transactions électorales. QS a la tâche de convaincre les électeurs qui ont voté pour un autre parti aux dernières élections de changer d’allégeance. « Ils devront faire la démonstration de leurs compétences, de la mise en avant de leur équipe, de la qualité de leurs interventions. Et tout ça va contribuer à atténuer l’inconfort que certains électeurs ont à l’égard de QS », explique M. Giasson.

La transition énergétique : priorité numéro un

L’environnement est au cœur de la plateforme électorale de Québec Solidaire. Le parti veut obliger les concessionnaires automobiles à vendre uniquement des véhicules hybrides ou électriques d’ici 2030. Il va falloir mettre en place un programme de remplacement de véhicule ou un crédit d’impôt important pour que les gens puissent s’acheter un véhicule électrique », indique Thierry Giasson.

Selon lui, le parti devra rapidement rassurer les gens, et ce, toujours dans l’optique de conclure des transactions électorales. « Oui, on propose des choses qui semblent radicales, mais on va mettre en place un processus pour vous faciliter la vie, la rendre plus simple et plus écologique », ajoute-t-il.

Dans la vidéo suivante, M. Thierry Giasson explique en quoi le projet indépendantiste peut être lié au projet environnemental.

(Crédit vidéo: Sarah Lachance)

« Actuellement, la plateforme du parti est trop licorne pour être du matériel de victoire. S’ils veulent se rendre au pouvoir [Québec Solidaire], il va devoir y avoir une certaine rationalisation de la plateforme, qui elle, va devoir se rapprocher plus du centre gauche », déclare Aleksandre Lessard, politologue de formation.

Québec Solidaire propose plusieurs mesures de gauche pour améliorer la vie des Québécoises et des Québécois. (Crédit: Facebook Québec Solidaire)

Expliquer ses position

M. Giasson illustre qu’un parti doit atténuer l’insécurité en vue de conclure une transaction électorale. Selon lui, ce sont les propositions politiques et les engagements font foi de tout.

« Ça amène les électeurs à faire une évaluation prospective d’un gouvernement solidaire. L’offre doit être réaliste, répondre aux besoins des gens. On doit être capable de démontrer que si les engagements sont mis en application, ils vont bénéficier à la vie des gens », exprime-t-il.

Le politologue Aleksandre Lessard abonde dans le sens de Thierry Giasson. « QS peut se draper dans un linceul blanc de la veuve et l’orphelin. Ils n’ont jamais eu à prendre de décisions importantes qui vont influencer la vie de 8 millions de personnes », soutient-il.