Les militants de Québec solitaires devant les derniers résultats.

A l’Hôtel Concorde où a lieu le rassemblement de Québec solidaire pour les élections provinciales, les partisans du parti de Gabriel Nadeau-Dubois et de Manon Massé espèrent une percée des Solidaires comme opposition majoritaire. Cependant, une crainte plane : les oppositions sont nombreuses et éclatent le paysage politique, selon certains militants.

Lors de la soirée organisée par Québec Solidaire pour les élections provinciales, le réalisme était de mise. « On n’est pas étonnées que la Coalition Avenir Québec (CAQ) soit une nouvelle fois majoritaire. Nous, ce qu’on veut, c’est que QS devienne la première opposition, devant le Parti Libéral du Québec (PLQ). » expliquent deux militantes issues de la circonscription de Tachereau, dans laquelle le candidat solidaire Étienne Grandmont vient de remporter son siège.

Plus de deux heures après le début de l’annonce des résultats, l’écart entre le PLQ et  QS se resserre, favorisant l’espoir de voir le parti solidaire devenir l’opposition majoritaire. Avec 21 sièges pour le PLQ et 11 pour QS, l’étau se resserre petit à petit.

Pourtant, certains militants restent mesurés quant à ces résultats. Pierre Mouterde, militant et membre fondateur de Québec solidaire, analyse la situation : « Le problème de fond derrière ces résultats, c’est que les oppositions sont éclatées, fragmentées face à la CAQ. Et cela donne de la force au parti de François Legault. Cela affaiblit une possible opposition forte et unie. Un des problèmes de Québec solidaire à mon sens, c’est qu’il n’a pas assez mis en avant la question nationale, limitant la possibilité de rallier toute une série de personnes proches du Parti Québecois (PQ). Après, la question de l’immigration et de l’environnement a bien été mise en avant et c’est une bonne chose à mon sens, mais une partie des Québécois reste encore très intéressée par les questions de souveraineté. »

En 2018, la formation politique de gauche avait réussi à élire dix députés à l’Assemblée nationale, consacrant déjà à l’époque une percée majeure dans le paysage politique québécois.