Éric Kamala Boulianne, co-scénariste de Viking, lors d’un entretien zoom pour discuter de la sortie de son nouveau film le 30 septembre 2022. (crédit photo : Sarah-Kate Dallaire)

Le 30 septembre dernier, lors de la première des trois journées de la culture, le film Viking est sorti au cinéma. Ce drame existentialiste, présenté comme un faux science-fiction humoristique, met en scène de faux astronautes mimiquants la réalité d’une équipe envoyée sur Mars. Les co-scénaristes Stéphane Lafleur et Éric K. Boulianne se disent extrêmement fiers du résultat.

Le film est inspiré des simulations de réparations de vaisseaux qui ont lieu simultanément sur Terre et dans l’espace. On y suit cinq personnes de divers horizons, la cellule Viking, qui est envoyée d’urgence dans le désert afin de recréer les relations conflictuelles d’une véritable équipe sur Mars. Selon le réalisateur et co-scénariste Stéphane Lafleur, «les casques, les costumes et l’espace sont des prétextes visuels pour parler de la nature humaine.» Il ajoute que «L’immensité du cosmos nous ramène inévitablement à nos vies et ce que nous souhaitons en faire. C’est à la fois vertigineux et beau.»

Eric K. Boulianne souligne que le film ne met pas en scène de véritables Vikings. L’œuvre se veut plutôt une inspiration libre des missions des explorateurs Viking 1 et Viking 2, que la NASA a envoyée sur Mars en 1975. On rencontre ainsi le personnage principal de David, mandaté pour interpréter sur Terre l’astronaute John. On le suit durant les tourments de la mission, les conflits entre collègues isolés dans le désert, et sur Mars, et les éventuelles conséquences à s’oublier pour vivre la vie d’un autre.

Monsieur Boulianne décrit ainsi le film comme étant une «comédie de science-fiction existentialiste» qui demeure terre-à-terre malgré l’aspect utopique de l’espace. Il explique que c’est notamment pour cette raison qu’ils ont choisi de mettre en scène leur film au sein de l’Agence spatiale américaine plutôt que de créer une agence québécoise. «Pour nous, c’était juste une question de crédibilité», ajoute-t-il. Monsieur Boulianne mentionne également avoir voulu confronter notre «petite nation» avec les Américains. «On en parle pas souvent de notre petitesse dans cet espèce de grand continent» souligne-t-il. Selon lui, ce qui rend le film intéressant est «de faire cette petite mission-là, l’infiniment petit à travers le grand, [à travers] les Américains qui nous englobent».

Une possible suite ?

Viking a également reçu la cote de 2 par MédiaFilm, une cote réservée à peu de films dans l’industrie québécoise. Malgré qu’il se dise extrêmement fier de cette cote, monsieur Boulianne ne croit pas en une suite pour le film. Il considère celui-ci plutôt fermé. Cependant, il avoue avoir commencé à travailler sur de nouveaux projets avec monsieur Lafleur. Il souligne que, «quand ça va bien, que t’as du fun et que le résultat est là» c’est presque inévitable que de continuer à travailler ensemble. Pour sa part, monsieur Lafleur admet avoir beaucoup appris de monsieur Boulianne et il le considère comme un être talentueux et sensible. Il ajoute que «c’est un sentiment très fort de voir cet effort se déployer devant soi quand on rêve un film depuis une douzaine d’années», mais que dans le cas de Viking, «on verra pour la suite… »