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Une relance culturelle attendue dans les zones oranges et rouges

19 mars 2021 - 10:50

Le Musée de la Civilisation de Québec est rouvert au public depuis le 18 février 2021. Agnès Dufour qui y travaille comme relationniste affirme que la réouverture du musée se fera lentement, mais qu'elle est attendue depuis longtemps. (Crédit photo: Mathieu Fournier)


Mélissa Gaudreault, Mathieu Fournier, Dina Jehhar

Lors de sa conférence de presse du 2 février dernier, François Legault a annoncé la réouverture des institutions culturelles, afin de redonner aux gens l’occasion de faire le plein de culture et aux institutions un répit financier. Toutefois, ce retour ne se fera pas tout d’un coup et les établissements culturels devront respecter plusieurs règles strictes afin de pouvoir rouvrir de manière sécuritaire. Des experts du domaine s’entendent pour dire que cette réouverture est nécessaire, mais qu’elle prendra encore du temps.

En zone rouge, les musées ont eu l’accord du gouvernement Legault pour rouvrir à partir du 8 février 2021. Comme le mentionne Agnès Dufour, relationniste au Musée de la Civilisation de Québec, cette relance s’est cependant faite sur plusieurs mois et non sans embûches, alors que le musée évalue ses pertes à plus de 2,5 M$ depuis le début de la pandémie. 

Bien que le musée soit désormais rouvert aux visiteurs, Mme Dufour confirme que les employés sur place s’assurent d’offrir aussi à la population diverses activités virtuelles. Il est par exemple possible de se rendre directement sur le site internet du Musée de la Civilisation pour faire la visite virtuelle d’expositions telles que La tête dans les Nuages et Broue. Selon Mme Dufour, l’option de visiter le musée de façon virtuelle est très appréciée par la clientèle habituelle et sera assurément un élément à développer davantage pour le futur.

« Une visite en personne ne vaut pas une visite en version numérique, mais le numérique sera assurément là pour rester » explique la relationniste Agnès Dufour.

Pour ce qui est de la relance de son établissement, Mme Dufour anticipe une réduction importante de la capacité d’accueil du musée. Elle ne s’attend pas à recevoir 25 000 personnes au courant de la semaine de relâche, comme par le passé, en raison des restrictions sanitaires.

« [Toutefois], si nous pouvons être en mesure d’accueillir les 700 à 800 personnes autorisées quotidiennement par le gouvernement, nous serons très satisfaits. » – Agnès Dufour.

Une réalité semblable pour les salles de spectacle en zone orange

Mireille Lévesque, responsable des communications, du développement et adjointe à la direction artistique de Spect’art Rimouski, affirme elle aussi que la pandémie a eu un impact majeur sur le plan financier et sur le taux de fréquentation de la salle. L’institution culturelle, qui se dirigeait vers une année record (2019-2020) pour la saison 2019-2020 selon Mme Lévesque, a dû annuler ou reporter plusieurs spectacles depuis mars dernier.

Toutefois, l’institution a pu proposer 34 spectacles à l’automne, par rapport au lieu de la cinquantaine 50 ayant lieu lors d’une saison standard. La salle a fermé à la mi-mars jusqu’en juin et a rouvert ensuite jusqu’à une nouvelle fermeture à la fin de l’automne, explique-t-elle. Elle commente que, ce qui a permis de limiter une baisse trop drastique la fréquentation a été assez bonne malgré le contexte actuel. La responsable des communications de Spect’art ajoute que la salle a pu bénéficier de l’aide du Conseil des arts et des lettres du Québec à l’automne 2020 et en bénéficie encore depuis le début de l’année 2021. Ce programme d’aide, mis en place en 1994, permet notamment pour d’assurer la rémunération des artistes, pour maintenir le plan de la programmation et pour assurer le financement de l’institution. 
Le relance du secteur culturel annoncée le mois dernier aura donc un impact positif sur le chiffre d’affaires et sur la fréquentation de l’institution. Les 225 sièges disponibles sur les 900 habituels ont été majoritairement comblés à l’automne 2020 et le seront probablement autant cet hiver, d’après elle.
« Les gens ont le goût de venir voir des spectacles, il y a un engouement et un intérêt. » – Mireille Lévesque

Comme dans d’autres salles, plusieurs mesures sanitaires ont été adoptées par Spect’art afin de limiter la propagation du virus.

  • Le masque de procédure est obligatoire en tout temps;
  • La vente de billets en ligne et par téléphone est priorisée;
  • Les lieux ont été aménagés afin de respecter la distanciation sociale (ex. : espace billetterie, salle de spectacle, corridors, toilettes, etc.);
  • La distanciation est de 1,5 mètres dans la salle de spectacle;
  • Tout ce qui peut provoquer des rassemblements a été retiré (accès au bar et au vestiaire, rencontres avec les artistes, ventes de produits personnalisés, etc.).

Au total, le gouvernement fédéral a versé 87,4 M$ aux acteurs de la culture du Québec, notamment aux secteurs des spectacles québécoise. (Source informative: Conseil des arts du Canada)

Les prochains mois s’annoncent difficiles

Pour Josée Tremblay, directrice générale du Conseil de la Culture des régions de Québec et Chaudière-Appalaches, la culture joue un rôle crucial pour la santé mentale des gens. Durant la pandémie, même si la présence physique était interdite dans les différents établissements culturels à travers le Québec, la population a continué à consommer la culture d’ici selon Mme Tremblay.

« L’offre virtuelle a été très bénéfique pour les consommateurs de produits culturels. Les différents contenus offerts ont permis à la population de s’évader de cette pandémie qui est présente n’importe où. » – Josée Tremblay

Toutefois,  celle-ci s’attend quand même à ce que les prochains mois d’activité de l’industrie culturelle soient difficiles autant pour les établissements en zone rouge qu’en zone orange.

« Aussi longtemps que la population québécoise ne sera pas vaccinée, la situation économique de l’industrie culturelle sera très difficile. [Les établissements culturels] devront continuer d’être patients. » – Josée Tremblay

Toutefois, Madame Tremblay ne croit pas que les différents établissements  verront un impact néfaste sur leur relance à long terme. Elle croit plutôt que la population québécoise continuera à consommer la culture d’ici, et ce, de façon virtuelle ou physique en petite bulle familiale.