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Retour de l’art moderne à Québec

11 octobre 2013 - 09:16

Line Ouellet, directrice générale du MNBAQ n’a, quant à  elle, pas caché sa joie de pouvoir présenter aux Québécois cette panoplie d’œuvres dont la réputation n’est plus à  faire. — Photo Claire Sadzot


Claire Sadzot

QUÉBEC — Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) accueille jusqu’en février 2014 une prestigieuse collection de chefs-d’œuvre d’art moderne venue tout droit du Museum of Modern Art (MoMA) de New York. De Gauguin à Picasso, en passant par Matisse, Cézanne et Toulouse-Lautrec, l’exposition fait la part belle à l’art moderne.

Le Musée national des beaux-arts a vu arriver sous son toit quelque 62 œuvres de renommée mondiale issues de l’exposition La collection William S. Paley. Un goût pour l’art moderne. En plus des Gauguin et Picasso, on y retrouve des œuvres du Britannique Francis Bacon et du Suisse Alberto Giacometti. Les amateurs d’art d’outre-Atlantique ont de quoi se réjouir.

«C’est un plaisir de collaborer avec le Québec dans le cadre de cette exposition», a déclaré Erik Patton, directeur associé du MoMA, présent lors de l’ouverture. Line Ouellet, directrice générale du MNBAQ n’a, quant à elle, pas caché sa joie de pouvoir présenter aux Québécois cette panoplie d’œuvres dont la réputation n’est plus à faire.  

Le musée est particulièrement fier de présenter une authentique peinture de Giacometti, qui est habituellement associé à la sculpture. Il s’agira là d’une découverte intéressante pour le public qui pourra remarquer le lien entre sa peinture et ses sculptures. Et si la présence d’une œuvre de Francis Bacon est une grande première pour le MNBAQ, la grande fierté du musée demeure malgré tout les œuvres de Gauguin, placées de part et d’autre au cœur de l’exposition tel le clou du spectacle.

Erik Patton

Lorsqu’a été soulevée la question de l’intérêt du public envers une collection d’art moderne, Line Ouellet a fait remarquer que ce qui est difficile pour le public, c’est le passage à l’abstraction. «Dès qu’on est dans la figuration, les gens ont quelque chose à lire et avec quoi se connecter», a-t-elle déclaré. Il s’agit selon elle d’une collection accessible, très actuelle et à échelle humaine.

En effet, bien loin du Louvre et autres musées aux dimensions pharaoniques, cette exposition se veut centrée en deux petites pièces avec des séparations distinctes pour chaque artiste. Ainsi, le visiteur ne risquera pas de s’y perdre et pourra aisément se diriger vers les œuvres qui l’intéressent le plus.

Redonner le goût aux jeunes

Line Ouellet entend bien redonner aux jeunes du Québec le goût de se rendre dans les musées pour admirer les œuvres. «C’est une occasion unique. Le rapport aux œuvres n’est pas le rapport aux images», a-t-elle déclaré avant de mettre au défi quiconque de comparer La Tahitienne de Gauguin derrière un écran à celle exposée au MNBAQ. «Un écran, ça reste un écran. On ne voit pas les proportions, la matière, les couleurs, l’émotion.»

William S. Paley, homme d’affaire et illustre dirigeant de la CBS, avait glané çà et là des œuvres d’art moderne au XXe siècle, à l’heure où la France ne reconnaissait pas encore le talent de ses artistes novateurs. Après son décès en 1980, l’ensemble de la collection avait été légué au MoMA, Paley l’ayant lui-même dirigé pendant plusieurs décennies. C’est une exclusivité nord-américaine qui a permis au MNBAQ d’obtenir ces œuvres, qui sont exposées au MoMA depuis 1990.