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Relations Canada-Japon: les bons comptes font les vieux amis

23 novembre 2018 - 04:41

Plusieurs ateliers étaient offerts au long de la journée, dont un de calligraphie. Crédit photo: Chloé Bonnefoy


Chloé Bonnefoy, Magloire Nkosi Mpembi

L’événement est aussi rare que spécial: 2018 marque le 90è anniversaire de relations diplomatiques entre le Japon et le Canada. A cette occasion, des festivités ont eu lieu à travers les deux pays: l’une d’entre elles s’est invité à Québec, au MNBAQ précisément, pour une journée d’échanges inter-culturels.

C’est dans cet esprit de partage que l’association d’amitié Québec-Japon a tenu à organiser une journée spéciale Canada-Japon au Musée National des Beaux-Arts du Québec le 21 octobre dernier. Intervenant déjà depuis quelques années pour faire connaître la culture nippone, la présidente et le vice-président ont vu les choses en grand pour cette occasion. Masami et André Gauvin, qui ont porté le projet, sont reconnaissants pour l’aide qu’ont porté les volontaires de l’association, mais également ravis de voir le monde qu’a pu attirer cette journée spéciale:

L’événement était gratuit et ouvert à tous. L’ouverture était faite sur un ton officiel avec une interprétation des hymnes nationaux par Tomohisa Toriumi et Samuelle Michaud; s’en suit alors diverses conférences. La première était entre explications et démonstrations sur le manga, et fut présentée par Mme Harumo Sanazaki, mangaka japonaise. Des démonstrations, entre le Sumie, la calligraphie, la cérémonie du thé ajoutaient du cachet à la dimension traditionnelle de cette journée. Le plus grand public, s’il ratait l’une ou l’autre activité, avait toujours la possibilité d’assister aux ateliers du Hall central, entre origami, calligraphie, écriture en japonais ou caricature.

 10 H 40 Démonstration de Sumie par Mme Noriko Imai

11 H Démonstration de calligraphie par Mme Tomoko Kurokawa

11 H 20 Conférence-dégustation sur le saké par Alexis Bernard de Ochoko, Club des amateurs de saké de Québec, Copropriétaire – L’eau et le Riz, importation de saké

13 H Défilé de cosplayeurs japonais

13 H 30 Démonstration d’un numéro de jonglerie lumineuse par M. Ryunosuke Yamazumi

14 H Musique Japonaise (Koto, Shamisen et shakuhachi) par Matsutake Ensemble de Montréal

14 H 30 Démonstration de la cérémonie du thé par Chado urasenke Tankokai de Québec

15 H Fin de l’événement

Un programme qui ne manquait donc pas de diversité en voulant offrir aux visiteurs un tour de la culture nippone, entre traditions et arts, de leur histoire à leur pratique moderne. Les ateliers ont plu aux petits comme aux plus grands, pour certains c’était même une découverte. Le musée a d’ailleurs compté entre 500 et 600 participants à cette journée exceptionnelle.

L’anniversaire est peu commun. Si l’on a connaissance du lien qui unit les deux pays, cela est moins clair quand il s’agit d’expliquer ses tenants et aboutissants. Le diplomate en résidence aux HEI (hautes études internationales) et chargé de cours Mr G. Daniel Caron, ayant appartenu au ministère des affaires étrangères, précise un peu les origines de cette relation, ayant été lui-même au contact du pays:

« Le Japon est un partenaire fiable », affirme Mr Caron. En effet, ce ne sont pas les ententes qui manquent entre les deux pays, car si la relation se veut commerciale au départ, elle ne tarde pas à s’étendre à d’autres domaines:

« Pour les 80 ans, l’empereur avait fait le voyage jusqu’ici pour souligner le fait que nous partageons des valeurs telles que l’économie de marché, une démocratie parlementaire ou encore le droit de la personne. Ce voyage avait été planifié des années avant; la première fois qu’on avait parlé d’une éventuelle venue, c’était pour les 75 ans de relations diplomatiques. »

Et pour le futur? G. Daniel Caron déplore le manque d’échanges entre les peuples. Un appui aux petites entreprises et un encouragement à la mobilité étudiante seraient également un effort remarquable. Pour les jeunes, la barrière linguistique se pose en effet comme une difficulté, et pour des demandes de stages à l’ambassade par exemple, des bases de japonais seront toujours requises: «On compte beaucoup d’échanges commerciaux, des investissements, des mécanismes inter-étatiques, mais concernant les échanges entre les populations, il sont plus limités.»

La journée en quelques images:

Crédit Photo: Chloé Bonnefoy