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L’industrie de la musique est en déclin mais la musique va bien

10 mai 2018 - 14:30

Le studio LARC de l'Université Laval a été rénové grâce à un montant donné de la part de la Fondation canadienne pour l'innovation et du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. (Crédit: Magalie Lampron)


Magalie Lampron

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’industrie de la musique va très bien. Selon Serge Lacasse, directeur du laboratoire audionumérique de recherche et de création et professeur à la Faculté de musique de l’Université Laval, le Québec est entre autres dans ses meilleures années de musique. Plusieurs artistes proposent et produisent de la musique. Il s’agit plutôt de la sous-industrie du disque qui souffre.

À l’ère d’aujourd’hui, avec les téléchargements audionumériques, les plateformes comme Spotify et iTunes et les téléchargements illégaux, l’industrie du disque est en déclin. Ce déclin est percevable depuis le début des années 2000, selon les statistiques ressorties par l’institut de la statistique du Québec.

L’industrie et les artistes doivent s’adapter et prendre des risques. Monsieur Arnaud Anciaux, professeur au département de communication et information de l’Université Laval, explique que les artistes doivent effectuer leurs preuves en plusieurs étapes. C’est le cas pour l’aspect financier, puisque les maisons de production prennent désormais moins de risques ou des risques sur un moins grand nombre d’artistes. Ces derniers doivent donc faire leurs preuves. Les premières étapes pour l’artiste concernent le développement. Selon M. Anciaux, plusieurs artistes travaillent de façon autonome afin d’offrir une première base d’écoute pour le public, c’est-à-dire développer un premier album et un premier concert. Le tout se fait de manière individuelle, considérant qu’il y a moins de soutien de la part du milieu culturel et que l’artiste n’est pas toujours accompagné d’une équipe pour ses premiers projets artistiques.

 

L’association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo , ADISQ, affirme que le streaming est en augmentation. Les abonnés se font de plus en plus nombreux, que ce soit sur la plateforme payante ou gratuite. Toutefois, l’Association mentionne que même si le nombre d’abonnés et les revenus des services musicaux en ligne sont en explosion depuis les dernières années, les marges de profit des opérations de ces plateformes sont encore extrêmement faibles, et les revenus reversés aux artistes et aux producteurs sont très loin de compenser toutes les pertes encourues au cours des dernières années.

Les nouveaux moyens de financement pour les artistes

Différentes campagnes et autres moyens de financement sont aujourd’hui utilisés par les gens du milieu pour faire connaître leur produit et pour s’aider dans la production de la musique. En 2015, la campagne de sociofinancement sur la plateforme La Ruche d’une artiste déjà établi au Québec, Annie Villeneuve, est un exemple d’adaptation et d’évolution du milieu culturel de la musique, mentionne M. Anciaux.

Maude Carrier, artiste émergente à Québec, rappelle elle aussi qu’à l’ère d’aujourd’hui, dans le milieu de la musique, il faut s’adapter. Elle qui est pigiste trouve tout de même le moyen de faire sa place.

« J’ai la chance de jouer 4 à 5 soirs par semaine depuis 5 ans et demi », raconte Maude Carrier. Le style qu’un artiste offre et sa personnalité sont des critères qui permettent aux artistes de faire leur place. Les contacts dans le milieu sont aussi très précieux. « Je veux faire ça aussi longtemps que la vie va me le permettre. Mais je suis consciente qu’il s’agit d’un milieu plus difficile, c’est pour ça que je tiens quand même à aller me chercher d’autres connaissances pour élargir mes horizons», explique-t-elle, elle qui a poursuivi ses études après son baccalauréat.

 

LARC: Un studio d’enregistrement accessible à tous

Le studio LARC, laboratoire audionumérique de recherche et de création, situé à l’Université Laval, a été créé pour permettre de mettre en vigueur un espace de recherche et de création. Depuis son ouverture, le studio a d’ailleurs permis à plusieurs artistes de créer leurs produits. Étudiante à la faculté de musique de l’Université Laval, Héra Ménard y a effectué un enregistrement dans le cadre d’un projet. Dans le cadre de cette expérience, elle a connu l’équipe avec laquelle elle a produit son premier disque. L’enregistrement en studio s’est fait sur une période de deux semaines: « C’était une belle opportunité dans de belles installations et avec des gens qualifiés », a assuré Héra Ménard.

Plusieurs réalisations ont eu lieu avec LARC depuis 2014. Parmi  les réalisations, il est possible d’y retrouver,  le mixage de l’album «Remixer le Québec», l’enregistrement de EP comme ceux de Héra Ménard et de Maude Carrier.  Le directeur du laboratoire audionumérique de recherche et de création, Serge Lacasse, mentionne que LARC est un studio professionnel avec des gens qualifiés. L’expérience n’est donc pas nécessairement très différente de celle en studios privés, par exemple.

 

 

Le studio LARC peut être utilisé par tous. Bien que la priorité de réservation va aux gens qui effectuent un projet de recherche, il est possible d’avoir accès au studio. Il existe principalement trois types de tarifs, un pour les membres de la Faculté de musique de l’Université Laval, un pour les gens de la communauté universitaire et un pour les gens venant de l’extérieur.