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Le « slam » de poésie met en joie les spectateurs à la Maison de la littérature

26 février 2020 - 13:22

À la fin de chaque soirée le gagnant du mois reçoit un cadeau. Cette tradition a été mise en place par André Marceau, poète depuis plus de 20 ans et organisateur de l’événement. (Crédit photo: Manuela Ibounda)


Manuela Ibounda

Tous les troisièmes mardis du mois, la Maison de la littérature de Québec accueille une centaine de personnes lors de la soirée « Slam de poésie ». Créé il y a quatre ans, ce rendez-vous culturel n’arrête pas de séduire les passionnés de la poésie et de la littérature canadienne. L’occasion pour les slameurs de renouer avec leurs sentiments enfouis.

Rires aux éclats d’un côté, tonnerres d’applaudissements et « youyou » de l’autre, c’est dans une ambiance festive qu’une nouvelle soirée de slam de poésie a eu lieu à la Maison de la littérature de Québec le 18 février dernier. Dans une salle comble et légèrement sombre, les slameurs font leurs prestations. Des textes d’amour pour certains, la dépendance à l’alcool et la drogue ou encore le colonialisme et le capitalisme pour d’autres : l’originalité et la spécificité de chacun se fait ressentir sur la scène.

Quarante-cinq secondes. C’est le temps dont dispose chacun des slameurs pour dire son texte. La soirée débute par un micro ouvert. Quelques minutes plus tard, le vrai spectacle peut commencer. Nombreux sont ceux qui ne rateraient cet instant pour rien au monde. C’est le cas de Mélina, une habituée des lieux depuis septembre de l’année passée. « Je suis toujours aussi émue depuis le premier jour où j’ai assisté à ma première soirée de slam de poésie. Je viens d’ailleurs tous les mois et je trouve le concept très intéressant. » Son ami assis à côté d’elle exprime le même sentiment.

 « Amour regard, amour en cage, amour en boîte ou boîte en rêve ? » Face au micro, les langues se délient. El Cadenas, Mélanot et Dil Côté, les slameurs se succèdent sur scène. Des textes originaux qui font le bonheur du public. Pour les auteurs, écrire et présenter leurs textes est le plus souvent un moyen d’exprimer le ressenti quotidien. C’est le cas d’Acide Ludique, slameur depuis quatre ans à la Maison de la littérature. « Lorsque j’écris, j’oublie tout le reste. À travers les mots, j’arrive à dire dans quel état d’esprit je suis, ce que je ressens ou ce que je pense. Mais j’écris aussi des textes comiques. Faire du slam, c’est ma passion », lance-t-il.

Le partage du plaisir

Sous l’encadrement d’André Marceau, poète depuis plus de 20 ans, l’idée de cette soirée est que les gens s’amusent en écoutant les textes présentés. Pour cela, l’organisateur veille à ce que les slameurs soient prêts à affronter un public avant de leur laisser faire une prestation. « Le slam de poésie, c’est l’art de l’écriture et surtout celui de la scène. L’aspect « scène » est donc très important. Il faut pouvoir captiver le public à travers gestes et textes. Les slameurs sont libres de parler de ce qu’ils veulent. Il n’y a pas de règles », raconte l’organisateur. Même s’il n’y a aucune règle écrite, les slameurs sont notés. 

Mais dans l’optique de rester dans l’amusement et le partage du plaisir, les membres du jury sont issus du grand public. Comme une école, ces soirées de slam se font en saison régulière. C’est-à- dire tous les ans, de septembre à juin. Il arrive d’ailleurs que ces slameurs participent aux compétitions tant au niveau régional que national. « Nous faisons une équipe de huit slameurs qui représentent la province, les cinq meilleurs iront ensuite aux demi-finales et le plus fort sera finaliste », ajoute l’organisateur.

D’origine américaine, de Chicago plus précisément, le slam de poésie prend désormais une place importante dans les cœurs de certains Québécois. Tous viennent à la recherche de la même chose : prendre du plaisir et passer une soirée de fous rires. La prochaine soirée aura lieu le 17 mars, toujours à la Maison de la littérature, 40 rue Saint-Stanislas.