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10 ans de Salon Nouveau Genre : quand favoriser la relève provoque le succès

10 janvier 2019 - 14:23

Crédit: Geneviève Morin

L'édition hiver 2018 du Salon Nouveau Genre célèbre les 10 ans de l'évènement.


Geneviève Morin

Le Salon Nouveau Genre est un salon d’artisanat fondé à Québec par Olivier Bhérer-Vidal et Marie Gilbert en 2008,  il y a maintenant 10 ans. Depuis sa première édition, son nombre d’exposants et de visiteurs est en progression constante , dit M. Bhérer ; il cite en exemple la première édition, qui avait attiré quelques centaine de visiteurs, comparativement à celle de 2018, qui en attiré plus de huit mille. Un engouement qui s’explique par une formule mieux adaptée à la relève que celle des salons traditionnels, dit Micheline Chartré, professeure en métiers d’art : « Le Salon Nouveau Genre donne la chance aux jeunes artisans d’apprendre à vendre leurs produits », constate-t-elle.

Micheline Chartré enseigne le tricot depuis 30 ans à la Maison des métiers d’art de Québec. Elle tient également kiosque au Salon des Artisans du Centre de Foires de Québec pour y faire la promotion de Frizou, son entreprise de tricot fait main. Mme Chartré explique dans l’audio ci-dessous en quoi la courte durée du Salon Nouveau Genre et son parti pris pour la relève en font un lieu de vente prisé par ses étudiants. Pour elle, ce premier contact avec le public est précieux, car il donne l’opportunité aux jeunes artisanes et artisans d’entendre la rétroaction des visiteurs, ce qui leur permet d’ajuster ensuite leur production aux besoins de la clientèle.

 

 

Julie Asselin est chargée de projet pour la Maison des métiers d’art de Québec. Elle s’occupe de gérer le kiosque du Salon des Artisans du Centre de Foires de Québec qui est réservé aux finissantes et finissants de la Maison des métiers d’art.  Selon elle, les deux principaux aspects distinctifs du Salon Nouveau Genre sont la variété des produits qui y sont vendus (ex : des livres de microédition, de l’art visuel, de l’artisanat, des savons) et le fait qu’on retrouve à la fois des artisans professionnels et des amateurs parmi ses exposants, comme elle le souligne dans ce clip audio.

 

 

Acacia Narbonne, citoyenne de Québec et amatrice de produits locaux, en est à sa toute première visite du Salon Nouveau Genre. Elle affirme avoir été frappée par le grand nombre d’artistes émergents, par la présence de jeunes exposants de 10 à 17 ans, par l’originalité des produits proposés tels que des vêtements non-genrés, des accessoires (écussons de tissus, mouchoirs brodés) faisant référence aux memes d’Internet ou à d’autres expressions de la culture populaire. Elle a également apprécié la présence d’un kiosque d’art féministe. « Ce sont des choses qu’on ne retrouve pas nécessairement dans d’autres salons », explique-t-elle dans l’extrait sonore ci-dessous

 

 

Un salon né d’un besoin personnel

Les fondateurs du salon sont eux-mêmes à la fois artistes et artisans. La principale motivation qui avait poussé le couple Olivier Bhérer-Vidal et Marie Gilbert à fonder le Salon Nouveau Genre en 2008 était leur propre difficulté à trouver un endroit adéquat pour vendre leurs créations, se remémore Marie Gilbert dans cette vidéo :

 

 

 

Audace fondatrice et défis d’avenir

Mme Gilbert résume sa vision actuelle du Salon Nouveau Genre en soulignant l’esprit d’audace que la direction du salon encourage chez ses exposants, un esprit que favorise le faible coût de location des kiosques. Elle note également les défis que représentent la hausse constante d’achalandage du Salon Nouveau Genre et l’augmentation du nombre des salons de vente d’artisanat qui lui font concurrence.