Le gouvernement Legault a relevé le niveau d’alerte partout sur le territoire québécois. Les écoles primaires qui se retrouvent dans les zones rouges, c’est-à-dire Québec, Chaudière-Appalaches et Montréal, continuent de multiplier leurs efforts afin de permettre aux jeunes de suivre des cours en présentiel. Simon Noreau, enseignant au Pavillon Saint-Louis-de-Gonzague à Québec, croit qu’un second arrêt forcé serait très dommageable pour l’apprentissage des élèves du primaire.
Ce que plusieurs qualifient de « deuxième vague » est un coup dur pour le monde de l’éducation qui a déjà souffert au printemps dernier. En effet, selon monsieur Noreau, plusieurs enfants n’ont pas été en mesure d’acquérir toutes les exigences du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) lors de la précédente année scolaire, ce qui nuit à leur présente réussite.
« Lors du premier confinement, les élèves étaient invités à suivre nos capsules vidéo quotidiennes et à faire leurs devoirs à la maison, mais nous ne pouvions pas imposer cette solution de remplacement. Après avoir été contraints d’apprendre à distance pendant près de deux mois, les jeunes sont revenus en classe et nous ne pouvions pas enseigner ou évaluer de nouvelles matières. Par conséquent, nous observons un retard au niveau des notions chez la majorité d’entre eux », mentionne Simon Noreau.
La pandémie impose au corps enseignant de se réinventer afin de compenser le retard accumulé et éviter qu’une situation semblable ne se reproduise. « Nous redoublons d’efforts afin de donner aux jeunes les outils pour diminuer leurs lacunes. Nous avons ajusté notre enseignement afin de réviser les notions de l’année précédente en faisant des sous-groupes de travail pour que les jeunes se sentent encadrés et motivés. Notre enseignement doit être axé sur la différenciation », explique cet enseignant.
Ça passe ou ça casse
« En 29 ans d’expérience, je ne pensais pas vivre un début d’année avec autant d’adaptations. Je produis des capsules personnalisées, des activités pédagogiques interactives et je fais des rencontres virtuelles avec les parents et les élèves. Nous réinventons la roue à cause de la Covid-19, mais cela permet aux enfants de rattraper leur retard », mentionne Simon Noreau.
Afin d’éviter une deuxième fermeture des établissements scolaires, le gouvernement Legault a instauré plusieurs exigences comme le port du masque obligatoire dès la 5e année du primaire et la suspension des activités parascolaires. De leur côté, les enseignants du primaire continuent leurs efforts en portant un masque et en adaptant leurs méthodes d’enseignement.
Selon Simon Noreau, « un second arrêt forcé entraînerait un retard trop important chez beaucoup d’élèves. Il y aura des écoliers qui ne passeront pas leur année si l’école se refait à distance ».
Malgré son dévouement, le corps enseignant ne peut pas prédire l’avenir. C’est un coup dur pour plusieurs élèves et enseignants des régions qui se retrouvent dans les zones rouges. Le monde de l’éducation devra s’adapter et se réinventer à travers cette pandémie.

















