QUÉBEC-Le 24 octobre dernier se déroulait le traditionnel Vins et festin au profit de l’Institut Universitaire en santé mentale de Québec. L’objectif de la soirée était d’amasser 150 000$ qui permettront la recherche dans le traitement des maladies mentales qui, selon les statistiques, toucheront une personne sur cinq à un moment ou à un autre de leur vie. L’événement, qui en est à sa 13e édition, a été présidé par M. Jean-Yves Germain et animé par M. Luc Vigneault, schizophrène et pair-aidant à l’Institut.

L’animateur de la soirée, M. Vigneault a rappelé que ces soirées bénéfices sont primordiales pour permettre l’avancement des recherches en santé mentale. «J’ai souffert énormément dans ma vie […], donc, je veux absolument qu’on encourage la fondation, qu’on investisse dans la recherche pour qu’enfin, on trouve un remède à cette terrible maladie», a-t-il dit. Il a également souligné que les fonds amassés lors du Vins et festin iront spécifiquement à la recherche facilitant le traitement des maladies mentales.

L’Institut universitaire en santé mentale de Québec est l’un des plus gros centres canadiens en neurosciences. D’ici 2020, la présence des maladies mentales et des troubles neurologiques augmentera de 40,5% dans la population. Luc Vigneault a ajouté à ces statistiques que les gens atteints de schizophrénie ont une espérance de vie inférieure de 12 ans à ceux qui ne sont pas schizophrènes: «Pour moi, c’est vraiment important de démystifier cette maladie-là afin d’aller chercher ces 12 années.»

«Je suis atteint de schizophrénie, je dis souvent que j’ai perdu 20 ans de ma vie à cause de ma maladie mentale», a-t-il  raconté à propos de son parcours de vie pas du tout facile. Maintenant, il travaille comme pair-aidant au sein de l’Institut. «Pour être pair-aidant, il faut avoir la maladie, mais il faut avoir suivi le parcours de rétablissement. Il faut avoir une vie relativement stable.» Son travail consiste principalement à transmettre l’espoir de rétablissement auprès de ses pairs, il veut également arriver à transmettre différentes façons de s’approprier sa propre vie afin de mieux se rétablir dans la maladie mentale. «C’est une volonté du gouvernement d’implanter de plus en plus le système de pair-aidant dans notre société. Je suis très content, très heureux de cette initiative-là», a-t-il ajouté quant aux futurs développements du programme.

La soirée bénéfice, qui se déroulait à même une salle de l’Institut grandement décorée, prenait la forme d’un cocktail dînatoire gastronomique préparé par M. Arnaud Marchand du bistro boréal Chez Boulay.  Trois services ont été offerts aux personnes présentes et plusieurs stations gastronomiques étaient disposées dans la salle pour que les gens puissent se servir entre les différents services. Des encans silencieux et criés permettaient également aux participants de remporter plusieurs prix grâce à une quinzaine de partenaires.

Plusieurs bénévoles étaient sur place pour aider au bon déroulement de la soirée. Mme Louise Asselin a par exemple expliqué qu’elle est bénévole pour l’association de la santé mentale depuis plusieurs années et qu’elle a été bénévole dans plusieurs évènements. «Autour de moi, personne n’a de problèmes de santé mentale, mais on en entend beaucoup parler. Je crois qu’il faut donner une chance à tout le monde, alors, quand j’ai du temps et que je peux aider, ça me fait grandement plaisir».

L’an dernier, la fondation de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec avait amassé 106 852$, un montant inégalé jusqu’à maintenant. Reste à voir si la fondation réalisera son objectif de 150 000$ cette année.