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Travailleurs autonomes : les grands oubliés de la crise

27 septembre 2020 - 15:35

« C’est dommage de voir que la COVID-19 affecte lourdement les entreprises. Il est grand temps que le gouvernement fasse quelque chose pour y remédier », estime Brigitte Da Silva Lima, propriétaire du salon à domicile « Brigitte Lima Coiffure » à Québec. (Crédit photo : Marie-Pier Roy)


Marie-Pier Roy

Trois régions du Québec sont passées en zone orange le 20 septembre : Québec, Montréal et Chaudière-Appalaches. Avec les cas de Covid-19 qui battent leur plein au Québec, les entreprises de la province sont directement touchées. La propriétaire du salon de coiffure à domicile « Brigitte Lima Coiffure » à Québec, Brigitte Da Silva Lima, soutient que le gouvernement devrait venir davantage en aide aux travailleurs autonomes en cette période précaire.

Le basculement de la zone jaune en zone orange au Québec a assurément porté un coup aux restaurants et aux bars, qui doivent désormais fermer leurs portes à minuit, entre autres choses. Cependant, les travailleurs autonomes se disent les grands oubliés du gouvernement en temps de crise, alors que certains devront définitivement fermer leurs portes.

« Je remarque que l’augmentation majeure des cas de Covid-19 au Québec impacte l’affluence de ma clientèle, qui diminue de jour en jour », déclare Mme Da Silva Lima. Elle explique que sur une base quotidienne, elle reçoit au moins un appel d’un client en attente d’un test de dépistage, ou qui éprouve des symptômes reliés au coronavirus.

« Ça m’oblige à annuler le rendez-vous en question, et souvent, je n’ai que cinq ou six clients dans ma journée, ce qui n’était pas le cas il y a quelques semaines », soupire la propriétaire. La quinquagénaire note une différence marquée au niveau de ses revenus, et songe même à planifier sa retraite en avance. Elle ajoute que certaines de ses connaissances œuvrant dans le domaine estiment que la situation est trop compliquée et réfléchissent sérieusement à leur avenir professionnel.

Une question de survie

Alors qu’une première vague de fermetures s’est manifestée quelques mois après le début de la pandémie, plusieurs commerces continuent de sombrer dans la faillite. Certaines entreprises, qui ont survécu à la première vague, écopent des conséquences de la hausse des cas de coronavirus au Québec, qui sévit depuis le début de la rentrée des classes.

« Je me compte chanceuse d’avoir mon salon à la maison, et de ne pas avoir de local à payer, mais ce n’est pas le cas de tous les travailleurs autonomes », explique la coiffeuse de plus de 25 années d’expérience. Mme Da Silva Lima déclare que certaines entreprises devraient avoir de l’aide financière du gouvernement jusqu’à ce que la situation se stabilise, afin d’assurer leur survie

Elle estime que le gouvernement a déjà beaucoup donné à la population en termes économiques, et qu’il faudra de toute manière payer plus d’impôts l’année prochaine. Cependant, certaines entreprises devront définitivement fermer leurs portes si une aide quelconque ne leur est pas offerte. Il faut donc selon elle prendre les choses en main dès maintenant.