Exemplaire : Média-école des étudiants en journalisme

Média-école des étudiants en journalisme

Tokyo à Québec, l’exportation d’une culture

12 mai 2015 - 19:56

Crédit photo : Fanamanga


Mathieu Turgeon

UNIVERSITÉ LAVAL — À plus de 10 000 kms du Québec, le Japon fait sentir sa présence aux quatre coins du globe. Selon un article du magazine Time, le Japon aurait investi plus de 500 millions de dollars sur 20 ans en 2013 pour exporter sa culture à l’étranger. À Québec, le phénomène se fait ressentir de plus en plus alors que plusieurs commerces et rassemblements d’amateurs sont créés.

Depuis 2002, l’organisation Cool Japan a pour but de faire découvrir la culture du pays par une multitude de facettes comme la mode, les productions littéraires ou vidéo, les jeux et bien entendu la nourriture. Le projet est maintenant appuyé par le gouvernement japonais et on en a même fait une émission de télévision du même nom qui a dépassé les cent épisodes.

Étant l’une des exportations principales de ce pays d’Asie, la culture japonaise se veut très variée et peut grossièrement être divisée en deux parties, la traditionnelle et la moderne. C’est en partie ce qui expliquerait la grande popularité de cette culture qui peut finir par toucher tout le monde par sa grande étendue. Que ce soit l’histoire des Samouraïs et les arts martiaux ou Hello Kitty et les Pokémon, en passant par les sushis, tout le monde peut y trouver son intérêt.

Les Québécois ne sont pas une exception

Dans le cadre de la 6e édition de la convention Nadeshicon, festival de la culture japonaise qui se déroulait à l’Université Laval du 17 au 19 avril dernier et organisé par le Club Animé Québec, des étudiants ont expliqué ce qui leur plaît tant dans la culture nipponne.

Les réponses vont de la modernité avec les bandes dessinées (mangas) jusqu’aux cérémonies traditionnelles comme le thé et la calligraphie.

Répartie sur trois jours avec des invités (dont certains venus du Japon), des conférences ou panels et des activités en tout genre, la convention a attiré un nombre record de participants par rapport aux autres éditions. Certains participent se sont prêtés au jeu pour expliquer ce que les attirait dans ce genre d’évènement.

Les participants de la convention ont aussi tenu à démystifier un fait : la culture japonaise avec des mangas et animés, ce n’est pas seulement pour les enfants. Il y en a pour tous les goûts et tous les âges.

Pour plus de détails sur le Club Animé Québec voir sur le site de l’Exemplaire : Le Club Animé Québec : Le Japon… à Québec!

Un bon exemple

Pour Jany Rosello et Sonia Géant, le Japon est devenu une passion depuis plusieurs années, si bien qu’elles ont décidé d’ouvrir une boutique consacrée à la culture japonaise à Québec, il y a environ cinq ans. Situé sur la rue du Pont à Québec (entre la rue Saint-Joseph et Charest), le Fanamanga est unique en son genre dans la Vielle Capitale.
Sonia Géant explique pourquoi avoir décidé d’ouvrir un resto-boutique japonais et la mission de l’entreprise.

« Le commerce se veut une plaque tournante pour aider les gens à trouver ce qu’ils ont besoin à propos du Japon », explique madame Géant. « Souvent on va être appelé à intervenir dans des musées. Les gens viennent nous voir pour avoir des renseignements sur le Japon et quand on ne les a pas, souvent un client du commerce peut répondre ! »
La copropriétaire commente l’état de la culture japonais à Québec et raconte la réception qu’elles ont reçue lors de la journée d’ouverture.

Pour la prochaine année, le Fanamanga n’a pas de projet d’expansion en dehors de la succursale, mais le projet d’avoir une section où les consommateurs pourront consommer des boisons alcoolisées japonaise comme des bières et du saké vient d’être concrétisé avec l’obtention d’un permis d’alcool à la fin avril. Une application pour les cartes fidélités du Fanamanga sera aussi bientôt lancée ainsi qu’un volet achat en ligne sur leur site Internet.

Finalement, s’intéresser à cette culture ne serait pas si compliqué : « Actuellement avec Internet, c’est très facile parce qu’on peut découvrir cette civilisation par l’aspect qui nous plaît le plus, que ce soit la nourriture, les productions audiovisuelles ou les mangas. Il y a souvent des parents qui viennent acheter des mangas pour leurs enfants et qui repartent avec une série pour eux. »

L’Université Laval, un joueur important!

Très peu volumineuse à Québec, la communauté japonaise compte un allié de taille dans la promotion de sa culture et surtout de sa langue. Depuis les années 80, il se donne une multitude de cours de Japonais sur le campus lavallois.
D’abord à un seul cours de niveau élémentaire I, le programme s’est rapidement développé. En 2003, Sonia Engberts s’est jointe à l’École des Langues de l’Université Laval (ELUL) avant d’être rejointe par Tatsuhide Mizoe en 2006.

Depuis cette même année, les niveaux Élémentaire II, Intermédiaire I & II ainsi qu’Avancé I & II sont désormais offerts en plus d’un microprogramme et des cours intensifs d’été pour les deux premiers niveaux.

Selon madame Engberts, la plupart des ses étudiants (majoritairement des hommes) ne choisissent pas d’apprendre le Japonais pour mousser le C.V. ou pour le côté « affaire » : « la plupart le prennent pour le plaisir. Ils sont souvent des amateurs de BD japonaise (Manga) et de séries japonaises (animés), ainsi que de jeux vidéo. Familiarisés avec la culture, ils songent naturellement au japonais au moment de compléter leur programme avec 3 crédits de langue. »

Auteur du document : Sonia Engberts

Auteur du document : Sonia Engberts

Ce qu’elle aime le plus dans tout ça, c’est qu’elle enseigne à des étudiants qui sont là par choix, pour le plaisir et non par obligation. Dans les années 90, en moyenne 76 personnes s’inscrivaient aux cours de japonais. Depuis 2010, ils sont en moyenne 335.

Questionnée à savoir si le programme de l’Université Laval est en santé, la chargée de cours est des plus optimistes : « Absolument! La langue est en progression constante. Quand j’ai commencé, il ne se donnait que 3 ou 4 cours par an, maintenant 17 par an sur 6 niveaux. » L’ELUL pense même ajouter un cours de culture et de civilisation japonaise.

Madame Engberts conclut en encourageant ceux qui choisiront d’apprendre ce qu’elle enseigne et qui la passionne : « Aller au Japon après avoir pris quelques cours pour vous familiariser avec la langue va changer votre vie. Il y aura AVANT, et APRÈS. Plusieurs années après, des anciens étudiants m’écrivent pour me dire à quel point les cours ont changé le cours de leur existence. »