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Spectacles : le secteur alternatif lance un cri du cœur au gouvernement

19 février 2018 - 19:03

Karl-Emmanuel Picard (au micro), propriétaire de l’Anti Bar et spectacles, souhaite avoir la reconnaissance des municipalités et du gouvernement provincial en ce qui concerne son établissement. (Crédit photo : Flore Bibeau)


Flore Bibeau

La fermeture récente du Cercle à Québec et du Divan Orange dans quelques jours à Montréal amène les lieux de diffusion musicaux alternatifs à se questionner sur leur avenir financier. Des propriétaires de ces lieux ont pris la parole devant des gens de l’industrie. Ils  souhaitent s’organiser pour faire changer les règlements auxquels ils se butent. Parmi les invités présents, Karl-Emmanuel Picard, de l’Anti Bar et spectacles, sollicite la reconnaissance  du gouvernement.

Plusieurs acteurs de l’industrie musicale étaient présents à Québec la semaine dernière dans le cadre de la Bourse Rideau, le plus important congrès francophone des arts de la scène en Amérique. La table ronde, en marge de cet évènement, était organisée par Lepointdevente.com en collaboration avec le festival alternatif Phoque Off.

Pour les propriétaires de petites salles de spectacles, un des principaux obstacles à la réussite de leurs affaires réside dans les lois et les règlements du gouvernement et des municipalités. « Pour avoir des subventions comme  salles de spectacles, il faudrait renoncer à trop de choses : pas de terrasse, vente d’alcool seulement lors des spectacles, permis spéciaux lorsque des mineurs sont présents », mentionne Karl-Emmanuel Picard. « Plusieurs bars ne peuvent pas se le permettre », ajoute-t-il.

« Les plaintes de bruit nous affectent aussi. Les nouveaux locataires s’en prennent aux établissements déjà présents depuis plusieurs années. Les plaintes devraient être relayées aux propriétaires des immeubles. Ça se fait déjà à Londres et ailleurs dans le monde, pourquoi pas ici ?, ajoute le propriétaire, […] beaucoup de règlements de la sorte nous nuisent indirectement. »

Le problème est le même en région. Pour le propriétaire des Pas Perdus aux Îles de la Madeleine, les diffuseurs publics ne prennent pas en considération les salles privées. « On ne demande pas nécessairement de subventions ou de chèques de la part du gouvernement, on veut simplement que les règlements soient égalitaires pour tout le monde et qu’on soit reconnu  », indique le propriétaire.

Des lieux de diffusion culturelle

Les propriétaires s’entendent également pour soulever le rôle important que les salles alternatives jouent  dans la diffusion et la promotion  des artistes locaux. Ces lieux permettent  aux amateurs de musique d’encourager les artistes québécois et la relève.

Monsieur Picard ajoute qu’il souhaite payer les artistes convenablement, mais qu’il n’en a pas les moyens. « Ce sont les artistes qui sont perdants dans cette histoire […] Je faisais plus d’argent avant d’acheter un bar de  spectacles », insiste le propriétaire.

Cette précarité financière semble partagée au sein des salles alternatives. Une nouvelle association, Scènes de musiques alternatives du Québec (SMAQ), devrait voir le jour prochainement afin d’entamer officiellement des discussions à ce sujet avec le gouvernement et les différentes instances culturelles québécoises.