Cinq étudiants de l’Université Laval ont bravé le froid pendant cinq jours pour expérimenter la vie en situation d’itinérance dans le cadre du mouvement « 5 jours pour l’itinérance », qui se tenait du 13 au 18 mars. L’objectif était d’amasser 6 000 $ pour venir en aide aux jeunes de la rue et sensibiliser la population à leur cause.

Plusieurs universités canadiennes ont pris part à ce mouvement national qui existe depuis 2005. Pour la 3e édition de l’événement à l’Université Laval, le comité organisateur souhaitait remettre 6 000 $ à La Maison Dauphine qui vient en aide aux jeunes sans-abris, ce qui représente 1 850 $ de plus que l’année dernière.

Le comité s’est activé depuis le début de la session d’hiver afin d’amasser des profits : « On a essayé de ramasser le plus d’argent possible avant l’événement pour maximiser nos dons. On a fait des ventes de thé et on a recherché des commanditaires et des partenaires », soutient Sandra Chaput-Carrier, l’une des deux directrices du comité.

Pendant la semaine, des activités et des ventes étaient organisées chaque jour afin de faire des profits et d’encourager les dons. Entre autres, la communauté universitaire était invitée à participer à une course de cinq kilomètres avec les étudiants à travers le campus, dès la première journée de l’événement. Des ventes de hot-dogs, de café, de popcorn ainsi qu’une soupe populaire étaient également à l’horaire.

« L’organisation ne requiert pas beaucoup de fonds. On prend un peu d’argent pour faire imprimer nos chandails, par exemple, mais tout le reste des profits ramassés va directement à la Maison Dauphine », affirme la directrice.

Pendant les cinq jours que durait l’événement, les étudiants participants devaient suivre certains règlements afin de s’assurer de vivre une expérience qui soit très près de la réalité des itinérants. Tout d’abord, ils devaient dormir à l’extérieur et se rendre obligatoirement à leurs cours en journée. Ils avaient également l’interdiction d’acheter des produits, de réaliser des revenus ou d’utiliser les technologies pour autre chose que leurs études. Les étudiants ont donc pu compter principalement sur la générosité des gens pour se nourrir et affronter cette épreuve.

Une mission de sensibilisation

La sensibilisation de la population à la situation que vivent les jeunes itinérants de Québec demeure un objectif important de l’événement « 5 jours pour l’itinérance » : « À Québec, le mouvement n’est pas encore connu, explique Sandra Chaput-Carrier. L’objectif, ce n’est pas seulement de ramasser des dons, mais c’est aussi de se faire connaître ».

Maude Soares, une étudiante en service social qui participait au défi, croit qu’il faut continuer de sensibiliser la communauté universitaire afin d’empêcher les idées préconçues face aux personnes qui vivent dans la rue. « Il y a encore beaucoup trop de préjugés qui sont véhiculés à l’égard des personnes en situation d’itinérance. C’est pourquoi le projet « 5 jours pour l’itinérance » représente un beau moyen pour déconstruire cette ignorance », affirme-t-elle.