QUÉBEC – De plus en plus de consommateurs ont banni le gluten de leur alimentation et les rayons des épiceries se remplissent toujours plus de produits affichant la mention « sans gluten ». Mais le gluten est-il bon ou mauvais pour la santé ?
À l’origine, le gluten est à proscrire pour les personnes atteintes de la maladie coeliaque. Il s’agit d’une maladie auto-immune qui provoque un endommagement de l’intestin et le gluten est un facteur aggravant des troubles intestinaux qui en découlent. Certaines personnes présentent aussi des intolérances au gluten, auquel cas il est conseillé d’en limiter la consommation. On retrouve cette protéine dans les produits céréaliers, c’est elle qui donne la texture molle et souple des aliments qui en contiennent.
Maya Purcell, nutritionniste à la clinique Équilibre-Santé du Pavillon de l’éducation physique et sportive de l’Université Laval, estime que le gluten a trop rapidement été catalogué comme un « mauvais nutriment responsable de tous les maux de ventre ».
Pour Mme Purcell, une intolérance au gluten ou un cas de maladie coeliaque doit être diagnostiqué par un médecin au moyen d’une ou plusieurs prises de sang et d’une biopsie. Elle ajoute qu’un suivi régulier par un professionnel de la santé est nécessaire pour bien adapter son régime alimentaire et ainsi éviter au maximum les carences.
Sans une bonne connaissance des substituts du gluten et leurs apports nutritifs, les risques de déséquilibre alimentairesont plus élevés. En effet, la majorité des produits industriels dit « sans gluten » contiennent plus de gras, de sucre ou de sel pour compenser le manque de texture et de goût qu’apportait le gluten.
De nombreux médecins et nutritionnistes suivent l’avis de Mme Purcell. Le Collège des médecins et l’Ordre professionnel des diététistes du Québec disait même dans son rapport de l’été 2013 que le régime sans gluten est « trop sévère et monotone » car « on finit toujours par manger la même chose ».
Ce régime implique aussi des privations alimentaires et nécessite d’être plus méticuleux dans le choix de ses aliments car « on peut trouver du gluten là où on ne l’attend pas », comme dans certaines boulettes de viande.
Tout simplement manger mieux
Dans le cas de Valéria Bedout, c’est suite à des problèmes de fatigue qu’elle a adopté une alimentation sans gluten sur les conseils de sa naturopathe. Pour Valéria, le gluten n’est pas essentiel pour l’organisme et le bannir, c’est adopter « une alimentation plus saine, à condition que le maximum d’ingrédients soient faits maison ».
De fait, au Canada, la majorité des personnes qui suivent un régime sans gluten ne le font pas par contrainte médicale, mais simplement car ils veulent « mieux manger », comme le montre le graphique ci-dessous.

















