Dany Laflamme, propriétaire du Nova Gym à Beauport, a commencé les arts martiaux à 16 ans. Après avoir combattu des années sur le ring, il lutte aujourd’hui en dehors pour que les combats puissent reprendre (Crédit photo : Louis Fabre)

Fermées durant 14 des 22 derniers mois, les salles de gym du Québec subissent de plein fouet les restrictions sanitaires liées à la Covid-19. À l’arrêt depuis le 20 décembre, ces établissements ne peuvent pas reprendre leur activité à court terme, à l’inverse du sport parascolaire. Dany Laflamme est propriétaire du Nova Gym à Beauport. Profondément attristé par la situation, il refuse de céder au désespoir et se dit déterminé à rouvrir malgré les directives.

Les traits tirés, le regard dans le vide, Dany Laflamme tournoie dans son fauteuil de bureau rouge et noir aux couleurs de l’entreprise. Il lance d’un ton sec : « C’est un désastre ! »

Ancien combattant en arts martiaux, l’entrepreneur est un solide gaillard. Ses épaules carrées et ses bras volumineux trahissent des années d’entraînement. De sa voix rocailleuse jaillit un discours teinté d’une vive émotion. « C’est dur pour toute l’équipe. Aujourd’hui, des jeunes de 20 ans ont perdu la motivation pour les combats », assure celui qui transmet son expérience en tant que coach.

Au-delà du volet sportif, ce repos forcé pèse lourd sur ses finances. « Ce gym, c’est mon gagne-pain. Mais depuis le début de la crise, j’ai perdu plus de 150 000 dollars par an », souffle-t-il, amer.

Face à cette situation inédite, il se retrouve seul pour couvrir des frais fixes qui pèsent lourd sur son budget. « Je n’ai reçu du gouvernement fédéral que l’aide au loyer », concède-t-il. «Pour le reste, l’électricité et internet notamment, je n’ai pas eu de dédommagement. Et je n’ai pas voulu m’embarquer dans l’engrenage des prêts. »

Alors, le directeur du Nova Gym se compare… et relativise. « Je n’ai pas eu de pertes sèches comme un restaurateur », admet-il. « Puisque je fonctionne avec des travailleurs autonomes, je suis bien content de ne pas avoir eu non plus de licenciements à gérer. »

« Une vengeance politique »

Même s’il n’est plus sur le ring, l’ex-poids moyen reste un battant. L’an passé à Québec, il menait déjà la lutte pour la réouverture des salles d’entraînement aux côtés de Dan Marino, gérant du Mega Fitness Gym à Québec. Mais l’éclosion de plusieurs cas positifs à la Covid chez son concurrent a selon lui jeté le discrédit sur toute la profession : « Dan Marino s’est fait salir mais, aujourd’hui, on paye à cause de lui. C’est une vengeance politique. »

Pour l’heure, aucune date de réouverture n’a été envisagée par le gouvernement Legault. Pas de quoi mettre le gérant KO : « Je poursuis mes affaires presque comme avant. Nova Gym n’est pas ouvert au grand public, mais je donne quelques cours privés dans le respect des mesures. Il faut que je gagne ma vie quand même ! »

Afin de manifester leur colère, certains gyms ont ouvert leurs portes dimanche dernier. Mais Dany Laflamme est déterminé à aller plus loin : « Même si je n’ai pas le droit, je réfléchis clairement à rouvrir au public à partir du 7 février. Puis arrivera ce qui arrivera… »

Un pari qui pourrait lui coûter cher. En vertu de la Loi sur la santé publique, le refus d’obéir aux mesures sanitaires peut aboutir à une amende entre 1 000 et 6 000 dollars.

Depuis le 20 décembre et la nouvelle fermeture des salles d’entraînement à Québec, les équipements de la « famille » du Nova Gym prennent la poussière en attendant de retrouver preneurs (Crédit photo : Louis Fabre)