Exemplaire : Média-école des étudiants en journalisme

Média-école des étudiants en journalisme

Rues piétonnes à Québec : une initiative salutaire mais tardive

20 septembre 2020 - 13:42

La brasserie artisanale du Griendel voit le jour en 2015 dans le quartier Saint-Sauveur. Martin Parrot, copropriétaire de la brasserie artisanale Griendel et ses trois associés « [voulaient] avoir une brasserie de quartier, se mélanger à la vibe et mettre l’épaule à la roue ». (Crédit photo : Annie Blouin)


Annie Blouin

Le contexte social contraignant lié à la COVID a poussé la Ville de Québec à repenser son espace urbain afin de favoriser la convivialité. Neuf rues piétonnes ont ainsi vu le jour à la mi-mai dans la Capitale-Nationale, offrant la possibilité aux commerçants d’agrandir leur restaurant jusque dans la rue. Martin Parrot, président de la Société de développement commercial (SDC) Saint-Sauveur et copropriétaire de la brasserie Griendel, trouve cette initiative salutaire, mais soutient tout de même que c’est « trop peu et trop tard ».

Le confinement, avec ses villes désertées et ses impressions de fin du monde, n’a pas seulement déstabilisé l’économie québécoise, il a également ouvert la porte à la dépression et à l’anxiété qui se sont invitées dans la collectivité.

Plusieurs initiatives urbaines ont vu le jour pour contrer ces vagues de désarroi social et briser l’isolement dans le respect des règles sanitaires. Des rues piétonnes ont ainsi permis aux résidents du quartier Saint-Sauveur, notamment, de s’approprier l’espace public et de le rendre festif.

Martin Parrot trouve que l’initiative a été salutaire. Après trois mois d’inactivité à cause de la pandémie, « ça nous a permis d’être capables de garder un petit peu la tête hors de l’eau ».

Les limites administratives de la Ville

Ce vent de fraicheur estival porté par des projets tels que les rues piétonnes a été apprécié des restaurateurs de l’artère principale du quartier Saint-Sauveur. Pourtant, ce n’est pas nouveau que les commerçants de la rue Saint-Vallier Ouest souhaitent l’essor des terrasses de rue, longtemps interdites par la Ville. Déjà en 2016, Le Soleil nous apprenait que la SDC Saint-Sauveur voulait installer des terrasses sur la rue Saint-Vallier Ouest. À l’époque, Martin Parrot avouait qu’« il y [avait] plus de flou que de clarté » lié au projet de terrasses de rue. Selon lui, ce flou était avant tout lié aux demandes d’autorisations de la Ville et à ses multiples contraintes. « La difficulté principale avec la Ville [c’est] qu’ils te donnent des règles, pis si t’es pas capable de rencontrer ces règles-là, ils vont juste te dire non. Sont stiff. » Ça arrive trop souvent, déplore-t-il.

Le Griendel n’a pas pu créer de terrasse de rue pour son commerce. La règle est intraitable : pour avoir une terrasse de rue, le commerce doit avoir des espaces de stationnement disponibles. Jusqu’à tout récemment, le projet était impossible à réaliser et bloqué à tous les commerçants qui ne possèdent pas d’espaces de stationnement. Mais le vent vient peut-être de tourner…

Avant la COVID, le concept de rue piétonne était réservé à des événements ponctuels et rares. N’eût été de la pandémie, une récurrence hebdomadaire n’aurait pas été possible. L’expérience est un tel succès que le maire Labaume a affirmé à la presse au début du mois de septembre que les rues piétonnes sont là pour rester.

Martin Parrot se réjouit de cette nouvelle, mais juge que cela aurait dû être fait depuis longtemps. Si l’expérience se reproduit l’été prochain, il souhaite avoir le temps et les moyens de réaliser un espace extérieur attrayant du point de vue visuel avec de l’aménagement et beaucoup de verdure.