Québec- Si la plupart des jeunes adultes quittent leurs régions pour effectuer leurs études dans un grand centre, certains décident ensuite de retourner dans leur coin de pays natal pour s’y établir. Ce choix de vie est fonction de la personnalité, mais aussi des opportunités qui, contrairement à la croyance populaire, peuvent s’avérer plus intéressantes loin des grandes villes.
Certains domaines professionnels sont particulièrement propices pour ceux qui souhaitent faire leur vie en région, tel que le confirme André Raymond, directeur adjoint des services professionnels du service de placement de l’université Laval (Spla).
Le Spla constitue un carrefour pour les universitaires qui veulent trouver des stages ou des emplois en fin de parcours étudiants. Les employés du service peuvent entre autres aider les étudiants à évaluer leurs possibilités d’emplois en régions et à prendre en compte d’autres facteurs liés à la migration tel que l’accès à la propriété. Aussi, le Spla organise à chaque année en partenariat avec l’organisme Place aux jeunes en régions, qui fait la promotion de la migration, de l’établissement et du maintien des jeunes diplômés âgés de 18 à 35 ans en région, un Salon emploi, affaire et stage spécifique aux territoires hors des grands centres.
Le dernier rapport annuel publié par Place aux jeunes en région fait le constat d’un léger déclin pour la période 2013-2014 du type de migration qu’ils encouragent.

Source: Rapport annuel Place aux jeunes en régions – Regard sur 2013-2014

Source: Rapport annuel Place aux jeunes en régions – Regard sur 2013-2014
Le bilan migratoire interrégional publié par l’Institut de la statistique du Québec fait le même constat cette fois pour tous les groupes d’âge confondus. Il s’agit là d’une situation qui ne doit pas être ignorée selon Places aux jeunes en régions qui a réagi dans un communiqué de presse pour souligner que « (…) les impacts de ces pertes démographiques sur les communautés à caractère rural sont nombreux et touchent notamment plusieurs aspects sociocommunautaires, comme le renouvellement ou le financement des infrastructures et services municipaux, l’éducation, la sécurité des aînés, le dynamisme du milieu et sa capacité à se prendre en charge, etc. » La migration des jeunes vers les régions demeure donc un facteur déterminant du dynamisme de ses communautés et il existe pour l’encourager des exemples probants de personnes qui sont en tout point satisfaites de ce choix de vie.
Des exemples
À ce titre, Félix B Desfossés, journaliste à Radio-Canada récemment retourné vivre dans sa ville natale, Rouyn, en Abitibi, se fait ambassadeur de sa région entre autres par le biais de chroniques web sur l’histoire inusitée de sa région. Après avoir complété son baccalauréat en journalisme à l’UQAM, M. Desfossés a débuté sa carrière en intégrant l’équipe du projet radiophonique Bande à part (disparu en 2013) du diffuseur public. Il se trouve aujourd’hui très privilégié d’occuper un poste permanent au sein de Radio-Canada à Rouyn plutôt que de cumuler les contrats dans la métropole comme c’est le cas de beaucoup de jeunes employés de la maison mère de la société d’état.
Lui qui partage sa passion pour les disques vinyles québécois rares sur Vente de garage- Le Blogue, n’a pas cesser de dénicher des raretés depuis son établissement en Abitibi, bien au contraire. Et du point de vue de sa vie personnelle, vivre à Rouyn lui permet d’être proche de sa famille qui peut ainsi contribuer à l’éducation de son fils.
La proximité avec la famille et les amis est l’une des raisons principales évoquée par ceux qui décident de renouer avec leur région d’origine après leurs études. C’est en tout cas ce qui a motivé Marie-Laure Harvey, jeune enseignante, revenue s’installer à L’Isle-aux-Coudres dans la région de Charlevoix après son baccalauréat à l’Université Laval. Les raisons professionnelles n’étaient toutefois pas étrangères à sa décision non plus, dans un domaine où l’obtention d’un poste permanent peut s’avérer très longue. Elle constate avec joie qu’elle n’est pas la seule à avoir pris la décision de venir vivre sur son île natale d’un peu plus de 1000 habitants. « Nous sommes plusieurs jeunes couples, dont certains avec des enfants, qui s’investissent sur l’Isle et qui comptent y rester. En ce qui me concerne, je suis très fière. Cela va permettre d’assurer la continuité, la suite du monde… ».

















