Exemplaire : Média-école des étudiants en journalisme

Média-école des étudiants en journalisme

Quand des créatures de laine et de bois prennent vie…

11 mars 2020 - 10:02

Les marionnettes madame Cul-de-sac (à gauche) et Mimi (à droite). Madame Cul-de-sac mesure 52 cm (72 cm en extension) de hauteur et 32 cm en largeur. Mimi, elle, mesure 75 cm de hauteur. (Crédit photo : Nicolas-Xavier Perron)


Nicolas-Xavier Perron

La Maison des métiers d’art du Québec invite souvent des artistes pour venir y présenter leur art et de leur habileté. C’est le cas de Noémi Bélanger conviée le 26 février dernier à montrer son art de la fabrication de marionnettes de laine et de bois. Marionnettes qu’elle fait vivre à travers son spectacle Scribouillis.

Depuis maintenant près de cinq ans, Mme Bélanger fabrique des marionnettes en laine et en bois à l’aide de la technique du feutrage à l’aiguille. Pour faire la peau de ses marionnettes, elle utilise toutes sortes de laines, mais elle utilise surtout du mérinos (laine provenant de moutons élevés en Espagne). Selon Mme Bélanger, les matériaux peuvent changer d’une marionnette à l’autre, mais l’important est que « ces matériaux parlent ». Elle donna comme exemple de la laine « classique » qui fait ressortir un sentiment de douceur et de vécu chez une marionnette.

Noemi Bélanger avec sa marionnette Mimi dans les bras après sa conférence à la Maison des métiers d’art du Québec. (Crédit photo : Nicolas-Xavier Perron)

Puis, elle utilise le bois pour construire les articulations. Ces derniers agissent comme des os. Elle utilise le bois pour provoquer le mouvement, « d’où le nom de ma compagnie L’os de bois ». La bouche des marionnettes, quant à elle, ne bouge pas : c’est Mme Bélanger elle-même qui leur prête sa voix. Finalement, les marionnettes sont habillées avec des vêtements fabriqués par ses soins ou à l’aide de vêtements qu’elle aura achetés ici ou là.

Ces créatures, qui prennent vie lors des spectacles, demandent beaucoup de temps et de patience pour être conçues. Mme Bélanger peut consacrer jusqu’à 300 heures pour la conception et de la fabrication d’une seule marionnette. De plus, chaque marionnette est fabriquée pour qu’un jour elle puisse prendre vie à travers l’un de ses spectacles. L’imagination de Mme Bélanger inspire souvent la création de ses marionnettes, comme par exemple la marionnette Mamie qui possède un tiroir entre les deux oreilles rempli de ficelles. Ces ficelles représentent chacune un souvenir perdu par la vieille dame souffrant d’Alzheimer.

Un spectacle pour enfants

Au cours de la dernière année, Mme Bélanger a produit son spectacle Scribouillis un peu partout à travers le Québec. Ce spectacle met en scène sa marionnette Mimi ainsi que Scribouillis, une créature qui a pris vie suite à un dessin de Mimi. Dans ce spectacle, c’est Mme Bélanger qui contrôle Mimi alors que Scribouillis est manipulée par sa fille.

La marionnette Mamie du futur spectacle Flore. Ses oreilles peuvent être tirées comme un tiroir. (Crédit photo : Nicolas-Xavier Perron)

Son spectacle vise en particulier les enfants de plus de trois ans. Selon elle, « il faut s’adapter à l’âge de l’auditoire », certains publics étant plus réceptifs que d’autres. Elle explique que ses spectacles peuvent être longs à écrire et à chorégraphier. Elle précise qu’elle n’hésite pas se filmer lors de ses répétitions. Ainsi, elle peut être témoin de ce que le public verra durant le spectacle. De plus, elle ne s’empêche point de modifier des éléments de ses spectacles au fur et à mesure. Cette technique peut selon elle s’approcher un peu du rodage utilisé par les humoristes.

Mme Bélanger est en train de préparer un nouveau spectacle au nom de Flore. Des représentations qui mettront notamment en vedette la marionnette Mamie, qui a la même taille qu’un être humain.