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Média-école des étudiants en journalisme

Presse écrite : innover, c’est la clé

14 octobre 2019 - 14:06

« On ne s’informe plus comme avant. Il faut trouver une façon de sauver du temps aux gens, de leur rendre service, de les informer au bon moment et sur les bonnes choses », insiste Gilles Carignan, éditeur du journal Le Soleil. (Crédit photo : Elisa Zanetta)


Élisa Zanetta

Le gouvernement Legault a annoncé début octobre qu’il aiderait les médias écrits québécois à hauteur de 50 millions de dollars par an jusqu’en 2023-2024. Cette nouvelle en a ravi plus d’un, notamment Gilles Carignan, éditeur adjoint et vice-président à l’information au journal Le Soleil. Il explique qu’en raison de la crise grandissante que subissent les médias québécois, le modèle de la presse écrite doit se réinventer de manière radicale.

Cela fait maintenant une dizaine d’années que la presse écrite traverse une crise, affirme Gilles Carignan. Les revenus publicitaires et les abonnés au papier diminuent petit à petit. Mais c’est depuis le 19 août dernier, « avec la mise sous la protection de la loi sur la faillite du groupe Capitale Médias », que cette crise s’est vraiment révélée au grand public.

« La crise des médias, ce n’est pas une crise du lectorat », affirme Gilles Carignan. Il assure que les lecteurs sont beaucoup plus nombreux qu’avant si l’on additionne le papier, le Web, l’application de l’entreprise ou encore les infolettres.

Cette crise est attribuée à plusieurs facteurs. Tout d’abord, la production d’informations est extrêmement onéreuse, surtout si l’on souhaite produire des contenus originaux et de qualité. Mais il n’y a pas que ça. Avant, les revenus de la presse écrite reposaient principalement sur l’abonnement et la publicité, mais aussi sur les petites annonces ou encore sur « les carrières et professions » qui ont disparu des journaux à cause des sites spécialisés tels que Kijiji ou Jobboom.

Selon Gilles Carignan, il faut comprendre les possibilités qu’offre le monde du numérique, et essayer de trouver de nouvelles façons de monétiser le travail des médias en s’adaptant aux nouvelles habitudes de consommation de l’information.

Actuellement, Le Soleil ne dépend que de la publicité. « Si la publicité s’en va, on n’a plus rien », témoigne M. Carignan. Il poursuit en disant qu’il est indispensable de posséder une diversité de sources de revenus pour concevoir un modèle économique qui serait beaucoup plus solide qu’aujourd’hui : « Il y a plein de solutions qui sont devant nous, mais on ne les voit pas encore. Il s’agit de retourner chaque pierre. »

Une plateforme payante… comme Netflix ?

« Je pense que dans le futur, il y a des gens qui vont être prêts à payer pour l’information », soutient le journaliste. Mais pour cela, il faut que l’information délivrée par le média soit de qualité, originale et possède une certaine profondeur.

En effet, Gilles Carignan se questionne : « Pourquoi un joueur comme Netflix arrive et fait payer ? » Selon le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO), un tiers des foyers québécois est abonné à Netflix.

Netflix, à travers un nouveau modèle économique, a réussi à donner l’envie de payer un produit, à l’origine gratuit. La plateforme propose des contenus originaux et adaptés, et une façon personnelle de consommer la vidéo.

Regarder Netflix, c’est vivre une expérience. Gilles Carignan l’a bien compris et s’en inspire chaque jour pour tenter de sauver son journal.

Aujourd’hui, pour un média, il est important de diffuser son information sur plusieurs types de supports : le papier, l’édition électronique, le site web ou encore l’application. (Crédit photo : Elisa Zanetta)