Comme dans tous les domaines au Québec, les hôpitaux sont en pénurie de main-d’œuvre. L’institut universitaire de cardiologie et de pneumologie du Québec (IUCPQ) ne fait pas exception à cette situation. Tous les secteurs de l’hôpital sont en manque de personnel, notamment le service alimentaire.

Pour les ressources humaines, c’était déjà un défi pour recruter, mais depuis la pandémie, le problème s’est accentué. « Dans notre département, il y a beaucoup de mouvements », nous apprend Catherine, la technicienne de jour, au service alimentaire. « Plusieurs sont engagés, mais ils ne restent pas longtemps puisque maintenant, les gens peuvent choisir leur emploi. »

Le manque de personnel occasionne des conséquences. « Certains services doivent revoir l’offre de leurs services », explique Nancy Dancause, la Chef du secteur de production et de distribution. « Nous devons reprioriser notre service. » La technicienne ajoute que cela cause aussi « un bris de service puisque beaucoup de quarts de travail ne sont pas remplacés. »

La Chef, la technicienne et Sébastien, un employé du service alimentaire, mentionnent que le manque de personnel augmente la charge de travail des employés. « On doit travailler plus fort », dit Sébastien. « L’équipe est mécontente et fatiguée de trop travailler et de devoir toujours former des nouveaux qui ne restent pas longtemps », renchérit Catherine. « Ça augmente aussi le risque de blessures », nous informe Mme Dancause. « La demande d’heures supplémentaires aux employés augmente aussi en même temps », souligne-t-elle.

Selon Sébastien, le recrutement n’est pas assez rapide. Il déplore le manque de communication entre les départements, notamment celui des ressources humaines et celui du service alimentaire. Plusieurs de ses collègues sont du même avis.

Recrutement 


Comme l’hôpital est en manque de personnel et que la plupart des employés des ressources humaines sont en télétravail depuis la pandémie, il nous a été impossible d’avoir des réponses de leur part pour le moment. 

Cependant, la Chef de production et de distribution, Nancy, explique que le recrutement se fait sur le site de l’hôpital, ainsi que sur des sites externes et sur des réseaux sociaux tels que Facebook et LinkedIn. Le bouche-à-oreille est aussi une autre manière de recruter, de même que les foires d’emploi.

Le problème n’est pas seulement dû à la pénurie, mais aussi parce qu’il y a plus d’emplois que de personnes pour les combler, explique Nancy. « Ici, à l’IUCPQ, on ne peut pas changer les conditions de travail parce que nous sommes régis par une convention. » Par exemple, le salaire n’est plus aussi compétitif qu’avant selon elle. De plus, « le stationnement est payant et il n’y a pas de place pour tous », ajoute-t-elle. « Les gens ne veulent plus travailler à temps plein parce qu’ils veulent concilier famille et travail. Et pour travailler à l’hôpital, il faut accepter que ce soit 24 heures sur 24, sept jours sur sept et qu’on va peut-être devoir travailler les fins de semaine ou sur des quarts de nuit, on ne peut pas fermer l’hôpital. »

Nancy Dancause, cheffe du secteur de production et de distribution (Crédit Marjolaine Martin)