Le confinement du printemps dernier a obligé les employés du milieu de la restauration, entre autres, à prendre une pause. Cet arrêt forcé a permis à Pierre-Olivier Côté, ancien serveur au restaurant La Souche, de remettre en question sa place dans ce milieu qu’il considère stressant, et parfois anxiogène. Est-ce que la deuxième fermeture des salles fera fuir d’autres personnes œuvrant dans ce milieu, plus précaire que jamais ?
Pierre-Olivier Côté, qui a été serveur pendant un an et demi, pense désormais que ce métier n’était pas fait pour lui. Selon lui, bien qu’il peut très bien s’agir d’un métier de passion, pour plusieurs, ce travail sert à payer les factures. Dans un contexte de pandémie, où les serveuses et serveurs arrêteront de travailler pour les 28 prochains jours, il peut être ardu pour les employeurs de convaincre leur équipe de rester fidèle à leur restaurant. Pierre-Olivier Côté témoigne des raisons pour lesquelles il ne travaille plus dans ce domaine, comme l’anxiété qu’il vivait parfois pendant ses quarts de travail.
Zone rouge : la restauration paie le prix
L’augmentation constante de cas de COVID-19 dans les dernières semaines a forcé le gouvernement Legault à annoncer que trois régions (Montréal, Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches) allaient passer au rouge à partir du 1er octobre. Ce changement de couleur signifie notamment que les salles des restaurants et des bars fermeront pour une période d’au moins 28 jours.
Les prochaines semaines seront difficiles pour les travailleurs du milieu, affirme Nikola Drakul, copropriétaire du resto-bar le Quartier Général à Québec. Il admet que la situation est préoccupante et affirme que ses employés sont anxieux à l’idée de ne pas pouvoir travailler pendant au moins quatre semaines. Nikola Drakul croit tout de même que ses employés reviendront une fois le confinement terminé.
Le copropriétaire comprend mal la décision du gouvernement de fermer les restaurants et les bars.
« C’est difficile de voir le Costco et le Walmart bondés de gens alors que nous ne pouvons accueillir aucun client. On est déçu », soutient Nikola Drakul.
D’ici la réouverture de sa salle à manger, le Quartier Général devra se tourner vers le service de livraison et aux mets à emporter. Nikola Drakul admet que ce choix est loin d’être optimal. « On l’a essayé en mai dernier, mais ça n’a vraiment pas été fructueux ».
Une compensation attendue
Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation, a dévoilé, le 1er octobre dernier, un plan d’aide aux bars, restaurants et salles de réception qui se trouvent en zone rouge. L’Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM) prendra la forme d’un prêt non remboursable (pardon de prêt) de 80 % jusqu’à concurrence maximale de 15 000 $ par mois de fermeture.
« Si ce plan d’aide n’est pas parfait et est loin d’être adapté à toutes les situations, il a le mérite de donner de l’oxygène à une majorité des restaurants situés en zone rouge. C’est un pas dans la bonne direction […] », a souligné l’Association Restauration Québec (ARQ).
L’ARQ espère que le plan d’aide sera élargi à l’ensemble de la province. « Les établissements de toutes les zones ont besoin d’aide. L’ARQ le sait et poursuit sans relâche son travail de représentation auprès du gouvernement […] ».
















