Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon. (Photo: Graham Hughes La Presse canadienne)

Le Québec ne sera pas tout de suite le 198ème État reconnu par l’Organisation des Nations Unies. Le projet d’indépendance porté par le Parti québécois et son chef, Paul St-Pierre Plamondon, n’a pas suffisamment rassemblé les Québécois. Le chef péquiste est pourtant passé de 8 % d’intentions de vote au mois de mai à 15 % lors du dernier sondage Léger-Le Journal-TVA-QUB. Mais ce n’est pas assez pour concurrencer la CAQ. Le projet de souveraineté du Québec semble donc s’éloigner encore un peu plus.

Le Québec n’est pas la seule région dans le monde voulant s’émanciper de son pays. La Catalogne en Espagne, la Flandre en Belgique ou encore l’Ecosse et l’Irlande du Nord au Royaume-Uni sont des exemples en la matière. Pourtant, force est de constater que ces mouvements n’arrivent pas à concrétiser leurs ambitions d’indépendance.
En Catalogne, un referendum organisé en 2017 avait vu le « oui » pour l’indépendance l’emporter. Mais ce referendum et la déclaration d’indépendance de la Catalogne avaient immédiatement été écartés par le pouvoir espagnol. Le président de la région, Carles Puigdemont, était alors aussi mis sous mandat d’arrêt. Depuis, le projet d’indépendance semble à l’arrêt.

En Flandre, le mouvement nationaliste flamand est le premier parti régional, mais n’a pour le moment jamais demandé officiellement la séparation de la Belgique. La situation est encore différente en Ecosse. Le parti indépendantiste y est au pouvoir depuis 2007, mais un referendum organisé en 2014 avait mené au maintien de l’Ecosse au sein du Royaume-Uni.

Le schéma de l’échec des mouvements indépendantistes semble donc se répéter au Québec. Le Parti québécois, malgré la hausse de ses intentions de voix, reste au même niveau que le PLQ, QS ou le PCQ, loin derrière la Coalition Avenir Québec. Une des raisons derrière cette incapacité à concurrencer réellement le parti de François Legault est la migration d’un grand nombre d’électeurs indépendantistes vers le parti au pouvoir, la CAQ, ou vers Québec Solidaire. Pourtant, ces deux partis n’ont pas de projet d’indépendance. Québec Solidaire s’en rapproche avec l’envie de créer une assemblée constituante pour écrire une nouvelle constitution au Québec. Un projet qui pourrait mener vers un referendum.

Du côté de la CAQ c’est totalement différent. François Legault s’est engagé, lors du débat des chefs, à ne jamais organiser de referendum pour l’indépendance. Alors, pour expliquer pourquoi des électeurs indépendantistes ont voté pour la CAQ, il faut remonter aux élections de 2018. Lors de ces élections, la CAQ a réussi à ramener des votes indépendantistes pour vaincre le Parti Libéral du Québec, encore moins souverainiste que la CAQ. L’objectif de Paul St-Pierre Plamondon au cours de cette campagne 2022 était donc de ramener ces votes vers le Parti québécois. Un objectif partiellement réussi, car le chef péquiste est considéré comme le candidat ayant fait la meilleure campagne. Mais pas assez donc pour mener à bien le projet d’indépendance.