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Pâques : le chocolat en fête

11 avril 2018 - 12:16

Cela fait plus de trois ans que Hugo Blanchet assiste à l'effervescence de Pâques. (Crédit : TW)


Thomas Woloch, Alexandre Bellemare

De joyeuses Pâques remplies de consommateurs de chocolat, c’est ce qu’espèrent chaque année les commerces spécialisés dans la vente de chocolats de Québec. 

Rien de plus spécial qu’une chasse aux « cocos de Pâques » pour que certains célèbrent le début du printemps, tandis que d’autres célèbrent la résurrection du Christ. Plusieurs histoires et légendes tournent autour de cette fête. Dans l’histoire, on associe œufs et Pâques dès le XIIe siècle, c’est l’Église, en interdisant la consommation d’œufs durant la semaine sainte, qui est à l’origine de cette tradition. Comme les poules continuaient à pondre et que les œufs ne pouvaient pas être mangés, on leur a donné un caractère sacré et c’est comme ça que les gens ont commencé à les décorer pour Pâques.

Le chocolat quant à lui vient d’une tradition purement commerciale. Les chrétiens, après le jeûne du carême, fêtent Pâques en mangeant des friandises, les commerçants ont misé sur le chocolat, une recette gagnante.

À Place Sainte-Foy, la boutique Laura Secord a ses clients réguliers qui reviennent à Pâques. (Crédit : TW)

Une fête qui attire des consommateurs

Chez Laura Secord, situé à la Place Sainte-Foy à Québec, on s’est préparé à cette fête.
« Les moments forts de l’année sont Noël, Pâques et tout ce qui est saisonnier comme Halloween ou la Saint-Valentin, mais les deux plus gros restent Noël et Pâques », selon Hugo Blanchet, employé chez le chocolatier vieux de 105 ans.

Les traditionnels lapins de Pâques font partie des meilleures ventes lors de la fête. (Crédit : TW)

Des quantités astronomiques de friandises chocolatées sont vendues dans cette période. Hugo Blanchet affirme :

« Nos œufs à la crème sont nos plus gros vendeurs. On vend, durant la période de Pâques, 300 à 400 œufs par jour et ceux-ci se détaillent à 8,99 ».

Généralement, ce sont des gens d’une cinquantaine d’années ou plus qui visitent le Laura Secord, mais durant la saison de Pâques, la classe d’âge principale diminue de 25 à 35 ans. Le caractère familial de cette fête attire les jeunes familles à faire des cadeaux autant aux petits qu’aux grands.

Des factures grandioses

On estime que le Québécois moyen dépense environ 116 dollars pour la fête de Pâques, que ce soit en restaurant, en fleurs, en friandises ou en chocolat. Un chiffre qui n’étonne pas du tout l’employé du Laura Secord :

« On fait des factures entre 50 et 60 dollars en moyenne pendant Pâques, mais ça peut rapidement aller taper dans le 150 à 200 dollars pour une famille. »

L’après-Pâques est populaire aussi, les gens courent les rabais et les chocolatiers veulent écouler leur marchandise saisonnière. « Souvent, ça va être 25% de rabais les jours qui suivent et deux semaines après, c’est 50%. Rarement on a besoin de diminuer à 75% de rabais, ça part vite ici » affirme monsieur Blanchet.

300 à 400 boîtes de ces oeufs à la crème s’écoulent chaque jour lors du week-end de Pâques. (Crédit : TW)

Une compétition grandissante 

D’un autre côté, le chocolat est en vogue plus que jamais. Avec toutes les boutiques du type
« Chocolats Favoris » qui intègrent les épiceries et qui font une tonne de produits dérivés, le consommateur à l’embarras du choix. Selon Hugo Blanchet, ce n’est pas la fête de Pâques qui est moins populaire avec les années, c’est la compétition qui fait diminuer le chiffre d’affaires.

Pour se distinguer du marché, il faut s’inspirer des concurrents et chercher le meilleur moyen d’offrir des produits différents :

« Avant, nous n’avions pas de fondue au chocolat en canne, mais maintenant oui, car c’est très vendeur au Chocolats Favoris. Par contre, on vend de la crème glacée depuis longtemps, maintenant on se lance dans la crème glacée molle. On propose aussi des chocolats fins, il faut essayer de plaire au maximum de personnes. »

De plus, les allergies et les intolérances font beaucoup jaser depuis quelques années, c’est un autre combat auquel les chocolatiers doivent faire face. On remarque que la plupart des produits saisonniers sont sans arachide, les commerçants s’adaptent constamment à leur clientèle.

Après Pâques, les marchands se préparent pour la fête des Mères. C’est une industrie qui mise sur les fêtes et les moments spéciaux pour faire du profit.