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Maladie des cervidés : les chasseurs de chevreuils sont inquiets

3 octobre 2018 - 16:44

« Pour moi, explique Michael Reeves, la chasse est une passion, c’est un sport, c’est des vacances et dans un été, une somme de 1 000 $ est facilement investie pour la chasse et pour le territoire. Donc, si on ferme la chasse à la dernière minute, c’est sûr que ce sont des économies pour notre passion qui disparaissent. » (crédit photo : Louis-Michel Lelièvre)


Louis-Michel Lelièvre

Un premier cas de maladie débilitante chronique des cervidés a été détecté au Québec chez un cerf d’élevage dans les Laurentides. Cette situation est inquiétante pour les chasseurs de chevreuils, comme Michael Reeves qui prépare sa saison depuis presque six mois. Pour lui, c’est près de 1 000 $ d’économies qui pourraient tomber à l’eau si la saison de chasse est annulée.

Jusqu’à présent, un seul cas de cette maladie a été détecté au Québec. Les autorités prennent cependant le tout très au sérieux, mais cela pourrait aussi avoir des conséquences majeures pour tous les chasseurs qui se préparent depuis longtemps. Une seule zone de chasse a été fermée jusqu’à maintenant : celle qui se trouve dans les municipalités de Grenville-sur-la-Rouge, Harrington et Boileau dans les Laurentides. Le chasseur Michael Reeves s’attend cependant à ce que la situation s’aggrave et que plusieurs autres zones soient fermées avant le début de la chasse, tout cela par mesure préventive.

Bien qu’il comprenne la situation, Reeves serait très déçu de se voir privé de sa passion à la toute dernière minute. Le Gaspésien explique que l’achat de permis, de salines, d’armes et de munitions représente des dépenses importantes qu’il faut prévoir longtemps è l’avance, sans compter la préparation du territoire, l’hébergement et l’épicerie.

« Avec des enfants, avoir un petit chevreuil ou deux dans le congélateur, côté économies, ça ne fait pas de tort », explique le chasseur. Mais plus encore, il serait mécontent de ne pas pouvoir aller chasser puisque cette activité lui permet de prendre des vacances et de passer du bon temps.

Malgré tout, Michael Reeves se montre optimiste en vue de la prochaine saison de chasse. Il est confiant que les spécialistes pourront contrôler la maladie d’une manière ou d’une autre d’ici l’ouverture de la chasse, permettant ainsi aux passionnés de ce sport de le pratiquer comme à leur habitude.

Disparition ou… explosion du cheptel

La science ne sait toujours pas si la maladie peut se transmettre aux humains. C’est donc par mesure préventive que certaines zones de chasse pourraient être fermées. L’impact de ces fermetures peut être aux antipodes. D’un côté, la maladie pourrait décimer le cheptel alors que d’un autre côté, si la maladie ne se répand pas mais que les zones de chasse demeurent fermées, la population de chevreuils exploserait. Il faudrait alors trouver des moyens de contrôler la population afin d’éviter des incidents malheureux impliquant, par exemple, des automobilistes.

C’est la mortalité importante qui inquiète le plus Michael Reeves puisqu’une fois que la maladie sera bien implantée chez les chevreuils, elle sera extrêmement difficile à contrôler.

Pour le reste, les chasseurs doivent demeurer patients et espérer que la situation ne dégénère pas pour passer une semaine de chasse aussi plaisante que productive.