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Lutte contre la violence conjugale : un pas dans la bonne direction ?

12 février 2020 - 09:56

Gabrielle Proulx est enthousiaste face à la décision du gouvernement Legault de renforcer les mesures contre la violence conjugale et a de l’espoir quant aux progrès à venir. (Crédit photo : Frédérique Bérubé).


Frédérique Bérubé

Isabelle Charest, ministre responsable de la Condition féminine, déclarait le 30 janvier dernier vouloir resserrer les mesures de prévention en matière de violence conjugale. Membre de Féministes en mouvement de l’Université Laval (FEMUL), Gabrielle Proulx soutient cette décision. Ayant à cœur la condition féminine et encourageant le Projet L.U.N.E., un lieu d’hébergement d’urgence pour femmes, elle considère cette déclaration comme un progrès.

En décembre 2019, le gouvernement Legault annonçait qu’il reverrait son plan d’action en matière de violence conjugale. Aucun détail concernant les décisions à venir n’avait toutefois été livré. C’est au cours de son annonce fin janvier que la ministre Charest a annoncé l’augmentation du financement des maisons d’hébergement pour femmes et l’éventualité d’un bracelet « anti-rapprochement ».

« Mieux vaut tard que jamais », dit Gabrielle Proulx en faisant référence à la décision du premier ministre de revoir les mesures déjà instituées. Selon elle, la déclaration du 30 janvier est une bonne nouvelle, mais encore faut-il que les mesures mentionnées soient réellement mises en place. 

« Ces maisons-là ont besoin de financement, c’est sûr », affirme-t-elle, mais ce dont elle est moins certaine, c’est où ira réellement l’argent. Des mesures concrètes en ce qui concerne l’utilisation de ces fonds doivent encore être établies, selon elle. Des campagnes de sensibilisation plus abondantes dans les écoles et la société, plus de maisons d’hébergement et de centres d’aide et davantage d’intervenants dans ces derniers sont des exemples où investir cet argent.

Pour ce qui est du bracelet « anti-rapprochement », Gabrielle Proulx pense que c’est une idée qui pourrait faire une différence, mais qui sera également difficile à mettre en place. « Est-ce qu’on peut faire ça d’un point de vue éthique ? » soulève-t-elle. Elle ajoute que ce ne sont pas nécessairement toutes les victimes qui voudront en porter un pour ne pas montrer à tout le monde qu’elles ont été violentées.

Un lieu à préserver

Le Projet L.U.N.E. (Libres, Unies, Nuancées, Ensemble), né en 2007 et comparable à une maison d’hébergement, se situe dans un petit appartement en Basse-Ville, explique l’étudiante. Il accueille les femmes violentées et sans domicile fixe. Quelques lits, de la nourriture et une écoute de la part d’intervenantes sont offerts aux femmes.

Peu financé par le gouvernement, le Projet L.U.N.E. a failli fermer ses portes l’an dernier par manque d’argent, témoigne l’étudiante. C’est ainsi que FEMUL a décidé de venir en aide à cette maison dont la mission lui tient à cœur. Entre autres, elle invite le Projet L.U.N.E à se faire connaître lors de la Journée des femmes le 8 mars prochain et organise des échanges de vêtements pour les lui redonner.