Outre l’hydrogène, énergie verte qui séduit pour son potentiel écologique, Harnois Énergies se spécialise dans les lubrifiants, les mines et les produits d’aviation. (Crédit photo : Steve Carignan)

Après l’installation de la première station à hydrogène au Québec destinée aux automobilistes, l’entreprise Harnois Énergies remporte à nouveau deux appels d’offres, initiant ainsi la construction de deux nouvelles stations à compter de l’an prochain. PDG du fleuron québécois spécialisé dans la distribution d’énergie, Serge Harnois s’allie maintenant avec la compagnie HTEC, en comptant toujours sur la participation du gouvernement. Les stations à hydrogène séduisent par leur potentiel écologique, mais le PDG de la pétrolière québécoise a peu d’espoir en son développement à court terme auprès des propriétaires de voitures individuelles.  

 

Il y a deux ans, la première station à hydrogène de la province a établi sa résidence sur le boulevard Wilfred-Hamel à Québec. Cette énergie est prometteuse compte tenu de l’absence de GES qui découle de sa consommation. Cependant, la présence d’une seule station n’est pas viable pour ceux qui optent pour une voiture à hydrogène. « Moi, j’aimerais ça avoir un camion à hydrogène, mais je ne partirai pas de Joliette pour aller à Québec et revenir, je n’en aurais plus (de l’hydrogène) », exprime M. Harnois.  

 

Seuls les propriétaires de voitures à hydrogène résidant à Québec et ses alentours peuvent réellement profiter de cette énergie verte. Pour l’instant, la flotte de véhicules présents au Québec appartient largement au gouvernement, gracieuseté de l’ancien ministre libéral Pierre Moreau et son projet pilote sur le boulevard Wilfred-Hamel. 

 

L’annonce de deux nouvelles stations à hydrogène – la première à Dollard-des-Ormeaux et la seconde aux Galeries de la Capitale – traduit certes une volonté du gouvernement d’aller de l’avant avec le développement de cette filiale. Mais selon Serge Harnois, le parti au pouvoir à Québec laisse planer de l’ambiguïté : « Il n’y a pas une vision si claire. S’il y en avait une, on en installerait dix d’un coup ! », dénonce-t-il.  

 

L’énergie de demain  

 

Grâce à son abondance en hydroélectricité, le Québec a la chance de produire de l’hydrogène vert. Sa production n’émet pas de GES, mais ce n’est pas le cas de tous les types d’hydrogène, dont certains sont au contraire très polluants. 

 

Serge Harnois est sceptique quant au déploiement grand public de cette énergie. « Pour monsieur et madame tout le monde, cela a plus ou moins sa raison d’être. » Les véhicules lourds pourraient davantage bénéficier de l’hydrogène. Cette énergie offre une plus grande autonomie, contrairement aux batteries des véhicules électriques.  

 

Harnois Énergies reste à l’affût des nouvelles tendances, mais renonce à court terme à se désengager des énergies fossiles.  « Le pétrole, il va y en avoir de moins en moins, mais ça va rester pour longtemps ».  À l’heure où les scientifiques pressent le monde entier de mettre un terme à l’exploitation des hydrocarbures, le secteur de l’hydrogène demeure rempli de promesses, mais de façon encore discrète. « Il faut être avant-gardiste, mais pas trop pour se mettre dans le trouble », tranche Serge Harnois.  

 

Serge Harnois, PDG de la pétrolière québécoise Harnois Énergies, reste prudent quand au déploiement grand public de l’hydrogène auprès des automobilistes. (Crédit photo : Steve Carignan)