Le lundi 22 septembre dernier, à l’hôtel de ville de Lévis, s’est tenue une séance ordinaire du conseil municipal. À l’ouverture de l’événement, l’on dénombrait près d’une cinquantaine de citoyens sur place, tandis qu’environ vingt-cinq personnes suivaient la webdiffusion. Constat particulier : à la clôture, l’assistance ne comptait plus que dix-neuf participants en salle et douze en ligne.


L’ordre du jour comportait plusieurs affaires d’intérêt pour la ville, notamment la présentation du plan d’action relatif au chantier de construction navale Davie qui, selon le maire, devrait rapporter 13 milliards de contrats à Lévis. Comment expliquer qu’un si grand nombre de participants ait quitté avant la fin de la séance?

Christiane Laberge, une résidente lévisienne qui avait assisté à la séance du conseil municipal avant de se retirer après la période de questions, s’y était rendue afin d’honorer les dernières volontés de son frère. Lorsqu’elle est interrogée sur la nécessité pour les citoyens d’assister aux séances de la ville, Mme Laberge considère que cette décision relève de l’intérêt particulier de chacun : « Moi je pense que c’est plus quand tu es touché. Nous, on était touchés par ça. »

Monsieur Gilles Lehouillier, maire de la Ville de Lévis, est sensible à cette réalité. « Ce soir, c’est exceptionnel », déclare-t-il, en référence au nombre inhabituel de Lévisiens présents au conseil municipal. Il attribue cette participation à l’existence de dossiers comportant des enjeux ayant un impact immédiat sur certains quartiers.

« Dans l’ensemble, les citoyens, quand ils viennent au conseil municipal, c’est parce qu’ils ont un problème. […] Les gens vont venir si c’est un problème qui les touche directement dans leur quartier, mais sur les grands dossiers d’ensemble, les citoyens n’interviennent pas tellement. », a souligné le maire Lehouillier.

Désintérêt municipal marqué

Ce manque d’intérêt pour la municipalité de Lévis n’est pas propre aux séances du conseil. Aux élections municipales de 2021, seulement 34,5 % des électeurs lévisiens ont voté. Ce résultat se situe dans la moyenne inférieure de la participation observée à l’échelle du Québec lors des élections municipales de 2021, soit de 38,7 %, selon les dernières données d’Élections Québec (EQ). Lévis ne se distingue pas significativement des autres municipalités quant au désintérêt électoral.

Cet écart demeure néanmoins significatif lorsqu’on le compare aux scrutins provinciaux et fédéraux. Le taux de participation aux élections provinciales de 2022 s’élevait à 66,5 %, selon EQ, tandis que celui des élections fédérales de 2025 atteignait 69,46 %, selon Élections Canada, un record en la matière.

Conscient de cette problématique affectant particulièrement la politique municipale, le maire Lehouillier réfléchit à des solutions pour la rendre plus accessible et intéressante pour les citoyens. Selon lui, la solution passerait par les médias sociaux qui permettent de toucher un plus grand nombre de personnes : « On commence de plus en plus à le faire à Lévis. »

 

Le maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, se tient debout à côté de son siège à l’hôtel de ville de Lévis après la séance du conseil municipal du 22 septembre. Crédit photo : Corinne Goulet