Fort de son expérience, René Milot est venu donner des conseils aux étudiants désirant faire carrière en Chine. — Photo Cindy Pezzin

UNIVERSITÉ LAVAL — La Chine a une croissance économique fulgurante. C’est pourquoi elle attire de plus en plus de jeunes diplômés. René Milot, qui a longtemps œuvré dans les relations entre le Québec et la Chine, où il a vécu une dizaine d’années, a présenté quelques éléments de réussites dans le cadre des Conférences Carrières, mardi 19 novembre à l’Université Laval.

René Milot a travaillé comme Directeur du Bureau du Québec à Shanghai et Beijing entre 1999 et 2001 et occupe désormais un poste à la Direction Asie Pacifique du Ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur. Comme il l’a expliqué, la Chine est un pays de démesures qui a son lot de paradoxes : géographiques, historiques, urbains, culturels, linguistiques, mais aussi et surtout économiques et politiques. C’est donc «un autre monde». Qui dit autre monde, dit autres comportements. Il est selon lui important de bien comprendre la culture chinoise pour pouvoir réussir dans le monde professionnel.

Bilingue, voire trilingue

Les offres d’emplois sont nombreuses en Chine, mais les demandes le sont tout autant. Pour espérer faire partie des heureux élus, il est devenu essentiel d’être bilingue, voire trilingue. Lorsque ce n’est pas le cas, il est très important de choisir un bon interprète. René Milot expliquait qu’un bon interprète était bien évidemment celui qui n’allait pas hésiter lors de la traduction, mais aussi celui qui par exemple apportera des précisions sur les termes utilisés par un des locuteurs. Maîtriser le mandarin et l’anglais est un bon point, mais il ne suffit pas. Il faut de bonnes connaissances dans le domaine de l’économie internationale, du commerce ou encore de l’Asie.

Des gestes à éviter

Le langage du corps diffère entre l’Amérique et l’Asie. Chaque geste n’aura pas la même signification d’un endroit à un autre. René Milot a raconté une anecdote à ce sujet. Des Québécois étaient en Chine et ont voulu distribuer leurs cartes de visite. Ils l’ont fait de manière assez rapide, en utilisant une seule main et en les distribuant à plusieurs personnes à la fois. Les cartes reçues étaient immédiatement rangées. Ce type de comportement peut être perçu comme une insulte par les Chinois. Lorsqu’ils donnent une carte de visite, ils la donnent des deux mains et saluent de la tête la personne à qui ils l’offrent. Lorsqu’ils la reçoivent, ils prennent le temps de la lire avant de la ranger.

Le respect 

Il est également très important de respecter la hiérarchie. Il faut noter qu’elle ne se fait pas de façon extérieure, mais intérieure. Lorsque qu’une rencontre a lieu avec des interlocuteurs chinois, il est bien vu de s’adresser en premier lieu à la personne la plus haut placée, puis à son second, et ainsi de suite. René Milot a donné une clé pour savoir qui de Mr Lee ou Mme Chang est la personne la plus importante : ce sera la personne inscrite en premier sur la liste, puisqu’elles suivent l’ordre hiérarchique.

Un but

Enfin, il faut connaître ses objectifs. René Milot racontait que souvent, lorsqu’il contactait des partenaires chinois pour leur demander une rencontre, ces derniers exigeaient de connaître les raisons de la rencontre, sans quoi ils ne l’acceptaient pas.