Dr. David Poulin : « Après toutes ces années, il est temps d’avoir l’heure juste par rapport à notre situation. » (crédit photo : Marie- Ève Dutrisac)

Ils étaient plus de 300 chiropraticiens du Québec à participer à la formation continue annuelle de l’Ordre des chiropraticiens, fin février, au Hilton de Québec. Bien que les docteurs en chiropratique du Québec remplissent les mêmes exigences en matière de formation continue qu’ailleurs au Canada, ils n’ont pas les mêmes privilèges que leurs collègues des autres provinces. Les chiropraticiens québécois réclament toujours l’accès direct aux patients accidentés de la route et aux patients accidentés du travail.

Québec est la seule province du Canada qui n’accorde pas aux accidentés de la route et du travail l’accès direct à un chiropraticien ainsi que le paiement de leurs honoraires professionnels. Au lieu d’avoir accès à des soins de santé le plus rapidement possible, les blessés doivent consulter préalablement un médecin.

Après avoir été référé par un médecin, le blessé doit faire approuver la prescription par un agent de liaison qui dira si la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) ou la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) sont prêtes à payer les soins chiropratiques. Ce n’est qu’après avoir fait toutes ces démarches que le patient pourra se faire traiter par un chiropraticien avec l’assurance d’être remboursé.

Le docteur David Poulin explique que cette procédure « provoque non seulement un ralentissement dans le réseau de la santé déjà surchargé, mais occasionne également des frais supplémentaires importants au système de santé en place ». Il mentionne également qu’en raison des délais reliés aux procédures administratives et d’un accès souvent difficile à un médecin, le patient accidenté en paie souvent le prix. En effet, un retard de traitement peut engendrer un plus grand risque que la condition du patient devienne chronique, voire se détériore.

Le docteur Poulin explique que présentement, seuls les omnipraticiens, médecins spécialistes, optométristes et dentistes ont le statut de professionnel de la santé. En modifiant l’article 1 de la Loi sur l’assurance maladie, les chiropraticiens pourraient être considérés comme des professionnels de la santé et ainsi leur permettre un accès direct aux patients accidentés.

Statut quo dans le dossier

Le dossier n’aurait pas progressé significativement depuis 15 ans. Bien qu’il y ait eu récemment quelques échanges qui semblaient de bon augure entre Richard Giguère, président de l’Association des chiropracticiens du Québec et le ministre de la Santé, la situation n’aurait pas évolué depuis ces dernières communications. « Tout le monde se dit que c’est logique, mais les choses ne bougent pas aussi vite que nous l’espérerions. Après toutes ces années, il est temps d’avoir l’heure juste par rapport à notre situation », explique le docteur Poulin.

Bien que les chiropraticiens du Québec n’aient toujours pas obtenu gain de cause, ces derniers n’ont pas dit leur dernier mot. L’Association des chiropraticiens veillera à informer ses membres des avancements dans le dossier et des modifications règlementaires, s’il y a lieu, à l’occasion des prochaines formations continues.