Les élections fédérales ont apporté leur lot de nouveautés, dont la possibilité de légaliser le pot. C’était l’une des propositions populaires de Justin Troudeau durant la campagne. Des groupes de consommateurs de la région de Québec s’en réjouissent et ont déjà pour projet d’ouvrir un lieu pour acheter et fumer le cannabis.
Le lendemain des élections, le 20 octobre, quelques amis se réunissent pour partager leurs idées. Il fait froid, mais le petit groupe est sorti fumer dehors. Éric sort un joint «maintenant que c’est légal». Pas encore, mais l’idée est là. Justin Trudeau a promis de légaliser le pot s’il était élu. Maintenant qu’il est au pouvoir, les fumeurs de pot s’impatientent et font des projets : «On veut ouvrir un coffee shop dans le Vieux», déclare Jéremy.
Le coffee shop, c’est le nom donné à Amsterdam aux lieux où on peut acheter et consommer de la marijuana. Une sorte de bar à cannabis. Souvent, on n’y vend pas d’alcool. Jérémy est d’ailleurs d’accord avec cela : « Il ne faut pas d’alcool. » Le petit groupe rêve d’un lieu convivial, sympathique, où tout le monde pourrait fumer et discuter tranquillement.
«On pourrait faire ça sous forme de coopérative», suggère Jeff, en pleine effervescence. L’idée d’une coopérative coffee shop est lancée. Le joint tourne entre les amis, et Fred se rapproche en apportant une première objection : «Vous êtes les troisièmes au moins qui me parlent de ça, tout le monde en parle depuis la victoire des libéraux !» Éric rétorque que «ce n’est pas qu’une idée, nous on va le faire pour de bon ! D’ailleurs il faut qu’on trouve un local. »
Les amis planifient leur prochaine réunion tout en partageant la dernière bouffée. Tout le monde cherche un nom accrocheur, mais pour eux, le plus important, c’est que le projet soit prêt pour le jour même de la légalisation. «Il faut que notre projet soit approuvé tout de suite», insiste Éric. Fred s’inquiète. «On ne sait même pas si ça va vraiment se faire légaliser, je n’ai pas confiance. L’État va vouloir tout contrôler.»
Encore des questionnements
Le projet de Justin Troudeau reste encore flou sur certains points. Les fumeurs de cannabis ne savent pas si l’État contrôlera ou non la vente de pot, si les licences pour en vendre seront faciles à obtenir ou pas, et surtout si les fameux coffee shop seront autorisés dans les villes.
L’inquiétude des consommateurs de pot n’est pas que centrée sur l’augmentation éventuelle du prix des produits. Frédéric se questionne par exemple sur la capacité de l’État à pouvoir diminuer ou empêcher l’augmentation de consommation chez les mineurs. Un des avantages cités, outre la possibilité de consommer légalement, est celui de pouvoir facilement cultiver du chanvre.
Les avantages médicaux sont aussi au centre des discussions du groupe de fumeurs. La possibilité de choisir une variété qui aura un effet précis sur le corps pourrait selon eux empêcher les mauvaises surprises et ciblerait des maux comme l’insomnie ou encore certains types de douleurs.
















