Laurence - Lo Dalton, trésorière de la ligue Roller Derby Québec, pratique le roller derby depuis plus d’un an et demi. Selon elle, il faut « essayer pour voir » si la flamme du sport est présente. (Crédit photo : Élizabeth Jean-Allard)

Le retour des sports intérieurs se fait progressivement, au gré des mesures sanitaires allégées par le gouvernement provincial. Lo Dalton, joueuse dans la ligue Roller Derby Québec et trésorière de l’organisation, est heureuse de pouvoir recommencer à pratiquer ce sport de contact. La saison a débuté avec un camp de recrutement et l’inclusivité en premier plan.

Roller Derby Québec, la ligue de la Capitale-Nationale, a lancé son camp d’entraînement le 21 septembre dernier. Le roller derby est un sport de contact ayant connu une forte popularité au milieu des années 1950. Pratiqué à l’époque par des hommes et des femmes, le derby a refait surface au début du 21e siècle sous une distribution principalement féminine. Aujourd’hui porté par des valeurs féministes et inclusives, ce sport de patinage est réglementé par une fédération internationale : la « Women’s Flat Track Derby Association » (WFTDA).

Au cours des années précédentes, le recrutement se déroulait sur six semaines. Cette année, les intéressées ont jusqu’aux fêtes pour se joindre à l’équipe. Dans l’univers du derby, le camp permet d’acquérir les aptitudes minimales pour le contact. Auparavant, les joueuses devaient passer une série de tests orchestrés par la WFTDA. Or, depuis le début de la pandémie, il revient aux ligues de décider si les joueuses sont prêtes. Lo Dalton mentionne que c’est un excellent moment pour essayer, car il n’y en aura pas avant les fêtes. C’est une différence majeure avec les saisons antérieures.

Le contact dans le roller derby consiste à effectuer des barrages et à dépasser les autres joueuses pour marquer des points. Les règles sont nombreuses, mais nécessaires pour rendre le jeu sécuritaire. La ligue de Québec possède plusieurs pièces d’équipement disponibles pour les recrues, car le matériel de protection est cher. La joueuse précise qu’elle a « l’impression qu’il y a une communauté […] de partage et de prêt. Parce que tout le monde sait à quel point c’est cher ».

L’inclusivité en avant

Cette communauté est soudée par des valeurs de solidarité et d’inclusion. Alors que certains États américains, à l’instar de la Floride, imposent des restrictions judiciaires à la participation des trans dans les compétitions sportives, Roller Derby Québec mise au contraire sur une politique d’inclusion de toute personne souhaitant pratiquer le sport. Cela s’inscrit dans la même ligne idéologique que la WFDTA, qui prône le respect sous tous ses angles. « Avant, c’était très féminin [comme sport]. Maintenant, c’est beaucoup plus inclusif. Notamment pour les personnes non binaires et les personnes trans », indique Lo Dalton.

L’équipe de route, qui dispute des matchs à l’échelle nationale et internationale, est en voie de changer de nom. Autrefois intitulé « Les Duchesses », l’objectif du changement est d’être le plus accessible possible. Le nouveau nom n’est pas connu. Lo précise qu’« il va falloir que les gens viennent voir le match ».  Toutefois, l’incertitude liée aux mesures sanitaires freine la prochaine saison.

 

Pour pratiquer le roller derby, il faut des patins à quatre roues accompagnées de butées (« toe-stop »). Il est aussi obligatoire de porter un casque et des protections pour les articulations (genoux, coudes et poignets). (Crédit photo : Élizabeth Jean-Allard)