Pascal Fournier souhaite continuer à développer le parrainage à Québec (Crédit photo : Coralie Georget)

QUEBEC – Aider les personnes démunies physiquement ou mentalement peut se faire de plusieurs manières. Parmi elles, le parrainage qui consiste à associer un bénévole à une personne en difficulté. Appréciée par les participants, la formule reste peu développée même si les organismes Les Petits Frères de Québec et le centre de parrainage civique de Québec en font leur fer de lance.

Le parrainage est devenu la forme privilégiée pour briser la solitude et faciliter l’intégration sociale des personnes en difficulté, signale Pascal Fournier, directeur des Petits Frères de Québec : «Cette relation personnalisée vient des origines de l’organisme. Les fondateurs étaient sensibles à la détresse humaine, pas seulement à la pauvreté matérielle mais aussi à la pauvreté sociale». Le but est de venir en aide aux personnes âgées dans la solitude en les réintégrant à la vie sociale. «C’était donc primordial d’avoir des rassemblements, d’être avec l’autre, à son écoute. De là est issu le jumelage. On le perpétue parce que ça aide à créer des liens plus forts que des visites ponctuelles», poursuit-il.

Une vision partagée par le centre de parrainage civique de Québec qui propose aux personnes ayant des incapacités physiques ou intellectuelles d’être jumelées à un bénévole.

Une formule appréciée

Dans ces organismes, le parrainage permet au parrain/filleul de partager plusieurs fois par mois des moments avec le parrainé comme des sorties au cinéma, au restaurant. La formule est flexible et peut facilement se coordonner avec le style de vie de chacun. «C’est très ludique comme bénévolat, ce n’est pas un fardeau d’y aller», explique Sophie Elaine Trudelle, agente de promotion du centre de parrainage civique de Québec.

Être dans une relation de parrainage nécessite de partager des intérêts avec l’autre. «C’est vraiment important pour nous de trouver le match parfait, cela justifie un temps d’attente plus élevé parfois», ajoute-t-elle. Mais lorsque ce «match parfait» aboutit, une réelle amitié se crée.

Une expérience qui séduit la marraine Claudia : «C’est intéressant, on y va selon les goûts de chaque personne et on essaie de faire une équipe avec ça. C’est plaisant parce qu’on sait qu’on va tous les deux avoir du plaisir».

Le parrainage reste en marge

Même si le parrainage offre un enrichissement, précise Pascal Fournier, il n’est pas si à la mode. «Ça effraie les personnes. Elles hésitent à s’engager, il faut les motiver, expliquer ce que c’est exactement. Le jumelage à vie, ça les inquiète beaucoup mais le parrainage peut durer 1 an ou 2 même si idéalement c’est le plus longtemps possible», explique-t-il.

Sarah-Élaine Trudelle conforte cette idée : «Ça existe depuis très longtemps mais ce n’est pas assez connu. Il y a un manque d’information sur le sujet, ça pourrait être un type de bénévolat qui pourrait attirer beaucoup de gens», se convainc –t-elle.

Au centre de parrainage civique, les bénévoles manquent à l’appel, plus d’une centaine de personnes sont toujours en attente d’un parrain ou d’une marraine. Une réalité constatée également par Pascal Fournier : «Il y a 10-15 ans, les bénévoles étaient loyaux et très présents mais aujourd’hui trouver des personnes qui se dédient complètement aux autres, c’est plus rare.», note le directeur avant d’ajouter : «Il y a les bénévoles TLM, «Toujours Les Mêmes», issus de la génération des bébés boomers qui maintenant à la retraite consacrent un horaire spécifique au bénévolat». Mais ces personnes étant vieillissantes, le directeur s’inquiète pour le renouvellement de ces bénévoles.