QUÉBEC – Le Traité de Paris, exposé pour la première fois en Amérique du nord au Musée de la civilisation du Québec, ranime des souvenirs douloureux.

Le Traité, qui a scellé le sort des Canadiens en 1663 sera exposé jusqu’au 2 octobre, grâce à un prêt du gouvernement français au gouvernement québécois.

Le traité de Paris, ratifié par la France, la Grande-Bretagne et l’Espagne, marque la fin de la guerre de 7 ans, l’un des premiers conflits d’ampleur internationale. Il marque aussi la cession du Canada par la France à l’Empire britannique. 

Cette cession est encore douloureuse dans l’esprit de certains Québécois, comme en témoigne une dame lors de la conférence organisée par les éditions du Septentrion mardi : « Nous sommes des dommages collatéraux à tout ce qui s’est passé en Europe. ».

Une défaite qui blesse le Canada, mais une victoire en France : « pour la France, cette défaite militaire va se transformer en victoire » déclare Laurent Veyssière, conservateur en chef du patrimoine et présent à la conférence  « on récupère l’essentiel d’un point de vue économique. ».

En effet, si les Français perdent le Canada, ils conservent leur droit de pêche en Terre-Neuve ainsi qu’au Golfe St-Laurent. Ils conservent également leurs îles à sucre et ses esclaves sur l’Île de Gorée, dont le commerce est plus rentable que le Canada.

« Cette victoire, les Québécois ont du mal à la comprendre », rajoute M Veyssière. Si la situation économique en France reste bonne, au Québec la situation est déplorable.

Le Canada se retrouve avec une dette de 84 millions de dollars, que la France tarde à rembourser. « Les Canadiens avaient l’époque leurs propres monnaies de papier, mais une fois la venue des Britanniques, elle n’était plus valable », affirme Sophie Imbeault, historienne présente à la conférence.

« Les 65,000 Canadiens de la vallée du Saint-Laurent ont 18 mois pour choisir de rester ou partir pour la France, un pays où ils n’ont jamais mis les pieds », rajoute-t-elle. Le roi de France tarde à rembourser la dette, ils n’ont pas d’argent pour partir et seulement 5% quitte la vallée.

Michel De Waele, historien et professeur à l’Université Laval et Denis Vaugeois, historien et acteur clé dans la venue du traité à Québec ont débattu sur les causes du conflit qui ont mené au traité de Paris. « On ne sait pas pourquoi » a déclaré M. Vaugeois. Selon M. De Waele, il s’agit d’« un problème de jeux d’alliance et un conflit entre la Prusse et l’Autriche pour la Silésie, région qui n’existe même plus ».

« Je n’irai pas jusqu’à dire que la conquête fut providentielle, mais là nous vivons plus ou moins bien, nous dînons et soupons dans un foyer chaud », rajoute M. Vaugeois. « La vraie richesse est dans la colonie de peuplement à long terme, comme les treize colonies britanniques. Les Français ne l’avaient pas compris, tout comme l’Espagne et n’avaient que des colonies qui rapportaient directement ».