Églantine Mailly est fière du travail des finissants du conservatoire d’art dramatique de Québec dans la pièce La leçon (Crédit photo : Victoria Baril)

Pour la première fois en deux ans, le conservatoire d’art dramatique de Québec présentait un spectacle devant public, du 12 au 17 octobre. Les finissants en scénographie et en jeu se réjouissaient de pouvoir enfin présenter la pièce de théâtre La leçon devant une salle presque comble.  Églantine Mailly, finissante en scénographie, se dit fière du résultat.

C’est devant 80 spectateurs que la première de La leçon a été présentée mardi dernier. Au grand bonheur des étudiants, tout s’est bien déroulé. « On a eu une mauvaise générale, mais hier, c’était exceptionnel. Les gens ont aimé et on a eu des bons commentaires », s’est réjouit Églantine Mailly, au lendemain de la première représentation.

En raison des récents assouplissements du gouvernement qui permettent des salles combles, le conservatoire a pu ajouter 30 spectateurs à chaque représentation. Le théâtre du conservatoire peut contenir jusqu’à 100 spectateurs, mais la direction a préféré conserver une limite de 80 places pour permettre une certaine distanciation.  C’est un grand bonheur pour les étudiants qui avaient dû présenter leurs pièces en visiodiffusion l’année dernière, en raison de la pandémie.

Dans La Leçon, on a pu admirer le travail de cinq finissants en scénographie. Leur travail est essentiel au succès de la pièce selon Églantine Mailly.  C’est une discipline du monde artistique assez méconnue du grand public. Pourtant, l’étudiante affirme qu’on retrouve des scénographes dans toutes les productions culturelles, que ce soit au cinéma, dans les musées ou dans les pièces de théâtre.

« Le scénographe fait partie des concepteurs. Dans un spectacle, il y a un concepteur en son, un directeur technique, etc. Le scénographe est un autre chaînon de la grande équipe de production. Il s’occupe de tout ce qui est visuel, comme les décors, les costumes, le maquillage, les accessoires et même l’éclairage », explique Églantine Mailly.

Critique sociale des féminicides 

La finissante considère que la pièce se distingue de celles qui ont été mises en scène dans le passé au conservatoire, en raison du message politique qu’elle apporte. Le texte original d’Eugène Ionesco traite d’une relation toxique entre une élève et son professeur qui dégénère. Toutefois, certains étudiants trouvaient que la pièce n’était plus actuelle. « On a essayé d’intégrer un sous-texte plus contemporain, en amenant toute la problématique des féminicides au Québec, au Canada, sur les femmes autochtones et sur le patriarcat en général, pour que ça vienne toucher davantage les gens », souligne Églantine Mailly.

Ainsi, le texte a été modifié par les élèves du conservatoire, mais la structure narrative originale a été conservée. Les scénographes ont également contribué à cette modernisation dans l’aspect visuel de la pièce.

Même si seulement 4 % de la population va voir des pièces de théâtre, Églantine Mailly considère que l’adaptation du conservatoire de la pièce La leçon, mise en scène par Olivier Arteau, est importante socialement et qu’elle mérite être vue.

 

Les scénographes s’occupent des costumes, des décors, des maquillages et de l’éclairage dans un spectacle (Crédit photo : Victoria Baril)
La pièce La leçon était présentée au théâtre du conservatoire d’art dramatique de Québec du 12 au 17 octobre (Crédit photo : Victoria Baril)