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Le canot à glace: un sport de défis

4 février 2020 - 09:27

Catherine Paquin (deuxième en partant de la gauche) sera présente avec son équipe du Glenn Losier-Jack Wolfskin à la course de canot du Carnaval de Québec, le 9 février prochain. (Crédit photo : Frédérique Bérubé)


Frédérique Bérubé

Le Carnaval de Québec approche à grands pas et réserve, une fois de plus, une multitude d’activités aux petits et grands. Parmi celles-ci aura lieu la célèbre course en canot à glace, le dimanche 9 février. L’équipe 505 de Catherine Paquin, le bateau Glenn Losier-Jack Wolfskin, fera partie des équipes se présentant à cette traversée. Adepte de ce sport depuis 21 ans, elle explique en quoi consiste le canot à glace et comment il occupe dorénavant une place centrale dans sa vie.  

Le canot à glace est un sport exigeant des points de vue technique et physique, explique Catherine Paquin. Il faut non seulement être en bonne condition physique pour performer et avoir du plaisir, mais il faut également savoir s’adapter aux conditions météorologiques. Vents, marées, visibilité, les canotiers en sont tributaires, ce pourquoi la météo joue un rôle majeur dans le déroulement d’une sortie sur l’eau.

S’il fait froid depuis plusieurs jours et que le fleuve est majoritairement glacé, l’équipage a recours à « la trotte » pour avancer, soit un type de course où une jambe se trouve à l’intérieur et l’autre hors du canot. Si les températures ont été douces depuis environ trois jours, la glace est molle et se casse facilement, ce qui permet à l’équipe de ramer.

Avant d’entrer dans l’eau, il faut cirer la coque du bateau, sans toutefois utiliser n’importe quelle cire, affirme madame Paquin. La température détermine celle qui sera utilisée, selon un intervalle de degrés bien précis.

Selon la canotière, un autre défi dans ce sport, autre que ceux de la météo et de l’exigence physique, « c’est la relation humaine […] pour moi, le plus grand défi est là », dit-elle. Il faut concilier la bonne condition physique et la bonne relation humaine avec ses coéquipiers.

Comme Catherine en témoigne en riant, « quand t’es à bout, t’es à bout et la pression augmente facilement […] t’es cinq dans un même bateau et tu ne peux pas vraiment te sauver quand tu le veux ». La bonne communication et la bonne gestion des frictions sont donc de mise, ajoute celle à qui il a fallu 13 ans pour trouver l’équipe idéale.

Un choix de vie

Le canot à glace n’a pas toujours fait partie de sa vie, commence par dire madame Paquin. Sportive depuis sa tendre enfance, elle a pratiqué plusieurs sports avant de trouver celui qui a changé son existence : le canot à glace. Alors qu’on lui propose de faire partie d’une équipe, elle accepte d’essayer le temps d’un entraînement et tombe sur-le-champ en amour avec le canot, pour lequel elle délaisse ses autres activités.

Mère de six enfants, Catherine quitte le Barreau pour se concentrer sur sa vie familiale… et le canot ! En 2014, à la suite d’un concours de circonstances, elle dispose de tous les éléments nécessaires pour lancer son centre de rame, ce que, poussée par son instinct, elle décide de faire. Le 28 mars, elle crée Rame Québec, un centre d’entraînement pour la rame et tous ses dérivés : pagaie, aviron, bateau dragon, yole, etc.

Aujourd’hui, Catherine compte un peu plus de 250 clients de tous âges, et donne 25 heures de cours par semaine. « Ma vie est bâtie autour de ça », partage la canotière qui ne pourrait pas se voir arrêter le canot demain. « Pour moi, le canot ça a été comme un fil conducteur pour tenir le coup dans des périodes de ma vie […] tu vas sur le fleuve, ça te vide l’esprit, t’oublies le reste. » Du bien-être, du repos, de l’adrénaline, du défi, c’est ce qu’apporte le canot à glace à Catherine Paquin, qu’on pourra voir en action le 9 février prochain.