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La maternelle à quatre ans : une promesse controversée

3 octobre 2018 - 16:37

« Il faut voir au-delà des intentions de la Coalition avenir Québec et ne pas oublier que la priorité demeure les enfants », affirme Christine Leblanc, directrice de la garderie L’Académie seigneuriale à Saint-Basile-le-Grand (crédit photo : Gabrielle Lavoie Roy)


Gabrielle Lavoie Roy

Depuis son annonce, la promesse du chef du parti de la Coalition avenir Québec sur l’entrée à la maternelle à l’âge de quatre ans fait énormément réagir. Depuis bientôt 15 ans, Christine Leblanc est à la tête de l’Académie seigneuriale, une garderie privée de Saint-Basile-le-Grand avec un programme de prématernelle pour les enfants de 0 à 5 ans. Selon elle, l’idée de monsieur Legault est totalement irréaliste.

Pour Mme Leblanc, il est insensé de croire que le Québec pourrait instaurer la maternelle à quatre ans lorsqu’on fait face à une forte pénurie de main-d’œuvre. « Il n’y a pas de place pour eux, on manque déjà d’enseignants dans plusieurs écoles et là où il y en a, ils se retrouvent avec un nombre d’enfants beaucoup plus élevé par classe pour rétablir l’équilibre. »

Ensuite, sur le plan affectif, les milieux de garde sont reconnus pour être des endroits où l’on offre de l’encadrement et du soutien. À quatre ans, le lien de confiance est primordial et les enfants doivent sentir qu’ils sont soutenus. Selon Mme Leblanc, « c’est certain que si les enfants entrent à l’âge de quatre ans à l’école, ils n’auront pas le même soutien qu’à la garderie ».

Dans un groupe de quatre ans, le ratio permet un nombre de 10 enfants pour une éducatrice, contrairement aux milieux scolaires où les professeurs peuvent se retrouver seuls pour une vingtaine d’enfants. Avec un plus petit groupe, la personne responsable peut se concentrer plus facilement sur un enfant ayant de grands besoins.

La directrice soulève que l’environnement est un élément important dans le quotidien d’un enfant et qu’un changement de cette nature pourrait créer de l’anxiété chez certains. Les aménagements extérieurs d’une garderie sont adaptés en fonction des lois et règlements du ministère de la Famille, de manière à offrir un endroit agréable et sécuritaire pour des enfants de cinq ans et moins. Donc, se retrouver à l’extérieur dans une cour d’école avec beaucoup d’enfants, parfois plus âgés, pourrait devenir intimidant. Un enfant finit toujours par s’adapter à son environnement, mais Mme Leblanc soutient que ce sont des éléments à prendre en considération pour veiller au bien des enfants.

L’épanouissement avant tout

À l’Académie seigneuriale, le programme de prématernelle favorise d’abord l’épanouissement des enfants.  « La réussite éducative a toujours été une priorité, on vise à bien préparer leur entrée à l’école tout en favorisant le jeu et la découverte », explique la directrice. Certains enfants ont besoin de jouer. Les forcer à entrer à l’école trop tôt pourrait avoir selon elle un impact sur leur développement.

Mais Mme Leblanc ne s’inquiète pas trop. « On s’adapte chaque année, dans notre cas, si l’on avait à fermer nos groupes de quatre et cinq ans, on ouvrirait simplement plus de groupes pour les 24-36 mois ». La directrice prend le soin de rappeler que la maternelle n’est pas obligatoire, que cela demeure un choix qui appartient aux parents et qu’elle continuera d’offrir le programme de prématernelle si la demande est présente.