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La Fête du vélo : la bicyclette se fait une place à Sherbrooke

3 octobre 2018 - 16:57

Rémi Tavon, l’organisateur de la Fête du vélo, croit que plus la législation va valoriser la pratique du vélo, plus l’activité va gagner en intérêt.


Mélodi Rouillard

Le 23 septembre dernier, la première édition de la Fête du Vélo se déroulait au parc Jacques-Cartier, à Sherbrooke. Avec cette initiative, Rémi Tavon, un des cinq organisateurs de l’événement, souhaitait créer un certain intérêt autour de cette activité sportive. Toutefois, selon lui, plusieurs efforts restent à fournir de la part de la ville afin de valoriser la pratique du vélo dans ses rues.

Familles, étudiants, amateurs comme professionnels du vélo, tous étaient invités à cette célébration de la bicyclette. Sur place, plusieurs activités étaient offertes : rallye familial, impression sur chandails et casques de vélo, essais et démonstrations de vélo par trois détaillants de la région ainsi que plusieurs renseignements sur la communauté cycliste de Sherbrooke.

Avec le soleil au rendez-vous, plus d’une centaine de personnes ont pris part aux festivités. La popularité de cet événement étonne peu lorsque l’on constate l’augmentation du nombre de vélos dans nos rues et ce, été comme hiver.

Pourtant, selon Rémi Tavon, Sherbrooke n’est pas la ville la plus optimale pour les cyclistes. « Pour une ville de sa taille, il y a beaucoup d’efforts qui seraient nécessaires pour pouvoir la comparer à Victoriaville, Gatineau ou Trois-Rivières. »

En 2016, Sherbrooke s’est doté d’un Plan directeur du transport actif qui visait, entre autres, à étendre le réseau cyclable de 105 km. M. Tavon reconnaît qu’il s’agit d’un bon point de départ, mais son application semble bloquer, notamment en raison des sommes investies par la ville. « On attend en moyenne 7 kilomètres  de plus de réseaux cyclables par année. En 2018, on en a eu 800 mètres, donc c’est un peu décevant. »

Un partage de la route difficile

En plus des installations, Rémi Tavon dépeint les relations automobilistes-cyclistes comme difficiles. « Il y a des choses que j’ai vécues ici et que je n’aurais jamais vécues à Montréal comme de me faire klaxonner, de me faire faire la leçon et de me faire frôler par des poids lourds. »

À cet effet, les nouvelles mesures provinciales entrées en vigueur cet été comme l’obligation du port de réflecteurs, le relèvement du prix des amendes et l’augmentation de la distance de dépassement s’inscrivent dans une volonté d’améliorer le partage de la route. « C’est important autant pour l’automobiliste et le cycliste de se dire qu’il est difficile de partager la route de manière optimale pour chaque moyen de transport », affirme M. Tavon. Certes, ces mesures sont selon lui pertinentes dans la mesure où elle sont appliquées. Mais pour Rémi Tavon, la prudence est la clé afin d’assurer la sécurité de chacun.

Finalement, rappelons qu’en 2017, selon le bilan routier de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), 11 cyclistes sont décédés sur nos routes, soit 3 de plus que l’année précédente. « Il y a encore beaucoup de comportements qui restent à changer, mais je crois qu’il faut rester optimiste », explique M. Tavon.