Exemplaire : Média-école des étudiants en journalisme

Média-école des étudiants en journalisme

La communauté LGBTQ2+ de l’Université Laval veut plus d’actions et moins d’intentions

12 février 2020 - 10:23

Quotidiennement, plusieurs étudiants de l’Université Laval affichent leur appartenance ou leur soutien à la communauté LGBTQ2+ à travers leur habillement. (Crédit photo : Évelyne Parenteau)


Evelyne Parenteau

Depuis quelques années, la communauté LGBTQ2+ fait sa place au Canada et est de plus en plus appuyée par des acteurs politiques. Laurent Francis, coprésident de l’association pour la diversité sexuelle et de genre de l’Université Laval (ADSGUL), considère toutefois qu’il y a une stagnation dans les avancées d’inclusion à l’université. Selon lui, « il y a un grand fossé entre les discours et la réalité », malgré les bonnes intentions des dirigeants.

Fondée en 1978, l’ADSGUL est la plus ancienne association de l’Université Laval. Sa mission est de lutter contre toutes les formes d’exclusion comme le racisme, l’homophobie et la transphobie sur le campus. Laurent Francis constate, depuis le début de son implication en 2017, que ces types de discrimination sont toujours présents à l’université. Malgré les campagnes de sensibilisation de l’association, ses affiches sont encore vandalisées et plusieurs promesses de l’université permettant d’inclure davantage les membres de la communauté LGBTQ2+ ne sont pas tenues.

En 2017, en collaboration avec l’ADSGUL, le rectorat de l’Université Laval a par exemple affirmé sa volonté d’entamer le processus d’instauration de toilettes universelles dans ses infrastructures. Aujourd’hui, il n’y a toutefois pas encore de toilettes non genrées dans tous les pavillons de l’université, déplore Laurent.

Par ailleurs, il se questionne à savoir pourquoi il n’y a que deux cases présentes pour indiquer son genre dans les formulaires de l’université : homme ou femme. « À l’Université de Sherbrooke et l’Université de Montréal, tous les papiers ont été adaptés pour inclure les autres », explique le coprésident de l’ADSGUL.

Pour ce qui est des agressions physiques, elles sont rares à l’université. Par contre, Laurent estime que d’autres mesures devraient être mises en place pour diminuer les impacts psychologiques : « L’agression que l’on vit, c’est les regards d’exclusion, les non-dits, les silences qui règnent lorsque deux personnes du même sexe s’embrassent. On est encore obligé de vivre dans une sorte de placard. »

Même les conservateurs…

À l’échelle nationale, la plupart des dirigeants politiques soutiennent la communauté LGBTQ2+. Récemment, certains candidats à la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada ont même annoncé leur intention de participer aux défilés de la fierté gaie du pays. Leurs prédécesseurs, Andrew Scheer et Stephen Harper, n’y ont jamais assisté. Laurent est ouvert à ces participations. Pour lui, ils sont les bienvenus s’ils veulent prendre part aux festivités.

Du 31 mars au 2 avril prochains se tiendra la semaine de la diversité sexuelle et de genre à l’Université Laval. Pour l’occasion, l’ADSGUL présentera des conférences, notamment sur la violence en ligne envers les personnes LGBTQ2+ et la transsexualité. De plus, pour clore l’événement, une soirée festive sous la thématique « La nuit des reines » se déroulera dans l’atrium du pavillon Alphonse-Desjardins.