Annie Godbout dans l’entrée de sa résidence « Les boisés du Séminaire 1 », dans les bocages où elle réalise sa campagne pour la mairie. (Crédit photo : Samuel Genest)

Les pancartes électorales dans les rues des villes annoncent les élections municipales du 7 novembre prochain. À la tête du parti Renouveau Saint-Augustin, la conseillère Annie Godbout, élue par acclamation en 2017, brigue cette fois la mairie. Après bientôt quatre ans au conseil municipal, elle se présente avec un plan adapté selon elle à la situation financière particulière de la ville.

Le parti de Mme Godbout est né d’une fracture du conseil municipal. La mésentente au niveau de la gestion de la dette et des taxes a entraîné une polarisation des conseillers. « On a senti rapidement qu’on était devenu des ennemis », déplore Mme Godbout. Dans ces conditions, elle s’est entourée de gens compétents avec l’objectif de porter sa vision. Son programme se décline en trois points : baisse de la dette, réduction des taxes et création d’un comité consultatif du conseil.

La transparence est, pour elle, de première importance. Le comité consultatif aura donc pour responsabilité de rendre public l’état financier de la ville tout en expliquant aux citoyens chacune des décisions prises de concert avec le conseil. Car, selon Mme Godbout, « on ne devrait pas faire de la politique avec la gestion budgétaire. C’est un art, une compétence, et nous on va créer un comité consultatif qui va dire au conseil comment exercer l’art de gérer les finances. »

Dans cette optique, Mme Godbout a fait appel à Marcel Rodrigue pour analyser la situation financière de Saint-Augustin. Dans ses calculs, l’expert financier a utilisé les chiffres et prédictions proposés par le maire actuel Sylvain Juneau. Cette étude lui a permis de statuer qu’une baisse de 15 % des taxes n’affecterait pas la capacité de la ville à rembourser sa dette.

Des surplus records

Cette diminution notoire des taxes est envisageable en vertu de l’accumulation de surplus records. Le 31 décembre 2020, la ville avait en effet accumulé 49 millions de dollars en surplus non affectés. S’ajoutent à ce nombre les 20 millions de dollars que la ville de Québec doit leur rembourser par suite du jugement dans le dossier des quoteparts.

« Le maire Juneau avait pour grand rêve de devenir sa propre banque. » La ville a donc accumulé les surplus. En se prêtant à elle-même pour couvrir les frais liés aux services municipaux, elle éviterait les intérêts sur la dette s’élevant actuellement à environ 2 millions de dollars par année. Seulement, une ville ne peut pas se prêter au-delà de 10 millions de dollars. Les taxes dans les coffres de la ville ont donc occasionné 752 000 dollars d’intérêts en 2019 et 732 000 dollars en 2020.

La totalité des sommes détenues par la ville excède les 50 millions de dollars. La ville de Saint-Augustin pourrait donc rembourser les 53 millions qu’elle doit. Contrairement à ce que croient les gens, les taxes, qui frôlent les 50 %, ne contribuent pas directement au règlement de la dette de la municipalité.

Les élections municipales, qui auront lieu le 7 novembre prochain, opposent deux plans bien différents quant à la gestion de cet endettement. Le choix des Augustinois vis-à-vis de ces deux options déterminera de l’évolution des taxes qui frôlent actuellement les 50 %. D’une part, le parti Renouveau St-Augustin préconise une baisse draconienne de l’impôt foncier tandis que les indépendantistes, menés par Sylvain Juneau, misent sur la sécurité et la stabilité qu’offre une diminution progressive.

 

Mme Annie Godbout affiche les couleurs de son parti, composé majoritairement de femmes, en prévision des élections municipales de novembre 2021 (Crédit photo : Samuel Genest)
La chef du parti Renouveau Saint-Augustin devant son condo dans les Bocages où la révision du projet d’urbanisme a entravé la construction de telles infrastructures. (Crédit photo : Samuel Genest)