Après une campagne historiquement longue et l’installation du nouveau premier ministre, l’heure est au bilan. Les contribuables canadiens ayant financé cet exercice démocratique constateront sous peu ce qui leur en coûtera. Les experts d’Élections Canada prévoient déjà une augmentation de la facture refilée aux citoyens canadiens.

Bien que le rapport du directeur général des élections, dressant les coûts de l’élection du 19 octobre dernier, ne soit pas encore accessible au grand public, les employés d’Élections Canada qualifient de «logique» une augmentation des coûts générés par la campagne électorale.

Ceux-ci fondent leur analyse sur l’augmentation inévitable des coûts qu’engendrera l’augmentation du nombre de circonscriptions. Le total des circonscriptions électorales est en effet passé de 308 à 338 lors du vote du 19 octobre. Des sièges ont été ajoutés en Colombie-Britanique (6), en Ontario (15), en Alberta (6) et au Québec (3).

Selon Élections Canada, les frontières de 87 % des circonscriptions ont été modifiées. C’est la loi sur la révision des limites des circonscriptions électorales (L.R.L.C.E) qui régit de telles modifications.
La présente élection coûtera donc davantage que celle de 2011. Le coût de cette 41e élection s’élevait à 291 millions de dollars. Selon les plus récentes données, 26,4 millions d’électeurs ont exercé leur droit de vote lors de la journée électorale du 19 octobre.

Le coût par électeur pour la tenue des élections de 2006, 2008 et 2011 est demeuré sensiblement le même , c’est-à-dire environ 12 dollars par personne.

En avoir pour son argent

Pour l’élection 2015 et les précédentes, les deniers publics ont été injectés dans des secteurs diversifiés tels que le salaire du personnel électoral, la location de bureaux et locaux d’Élections Canada, l’impression des listes électorales, le matériel électoral, les campagnes de publicité et les technologies de l’information.

Cette année, les fonds publics ont entre autres payé les heures de travail des 230 000 travailleurs électoraux travaillant dans les 338 circonscriptions éparpillées au quatre coins du pays.
Selon Élections Canada, l’utilisation de 80 camions a été nécessaire afin d’acheminer les fournitures requises pour la tenue du vote. 65 000 bureaux de vote ont également été créés aux fins de cette élection.

L’organisation de cette élection fédérale a aussi nécessité une grande organisation logistique impliquant par exemple l’utilisation de 5 000 ordinateurs, 8 000 lignes téléphoniques et 340 serveurs informatiques.

Le directeur général des élections remet traditionnellement le rapport expliquant en détails le coût de l’élection dans un délais de trois mois suivant le dépouillement de toutes les boites de scrutin.