« Le privé, quand il prend trop de place, c’est l’avidité ; quand c’est le gouvernement, c’est l’aridité. Mais historiquement, on ne connaît pas d’exemple où le pilier collectif a pris trop de place », affirme Jean-Martin Aussant, l’ancien chef d’Option nationale.

L’ex-député et ex-chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, était de passage à l’Université Laval, fin février, dans le cadre d’une conférence sur l’apport de l’économie sociale au Québec. Il défend cette économie collective, estimant qu’elle a un rayonnement très positif sur le niveau de vie des citoyens. Selon lui, tout le monde est gagnant quand les entreprises cherchent à remplir une mission sociale au lieu de chercher d’abord le profit.

Actuellement directeur général du chantier sur l’économie sociale du Québec, Jean-Martin Aussant a tenu à défaire plusieurs préjugés qui circulent concernant cette approche. « Il y a plusieurs préjugés qu’il faut démolir et défaire sur l’économie sociale. […] C’est vu trop souvent comme le secteur des pauvres ou le secteur où on va travailler quand on n’a rien trouvé ailleurs ! »

Après une intervention d’une quinzaine de minutes, il a répondu pendant près d’une heure aux questions des quelque 200 étudiants présents dans le pavillon Alphonse Desjardins ce jour-là. Reconnu pour ses positions souverainistes, il a très peu abordé ce sujet lors de la soirée.

Il a par contre répété à plusieurs reprises que le Québec est une référence mondiale en économie sociale. Selon lui, cela expliquerait en partie pourquoi le Québec s’en est plutôt bien tiré lors de la crise économique de 2008.

Lui-même issu du milieu privé, il a ajouté qu’il ne s’est pas lancé dans le chantier de l’économie sociale dans le but de remplacer les entreprises privées. Il a tout de même émis certaines réserves concernant le rôle de ces entreprises. « Je suis convaincu que le privé a sa place dans une économie équilibrée. Cependant, il faut justement qu’il prenne sa place. Il ne faut pas qu’il commence à envahir le public, les gouvernements […] Il ne faut pas non plus qu’il étouffe le pilier collectif. »

Concrètement, il propose l’instauration d’un crédit d’impôt pour encourager les entreprises privées à se transformer en coopératives. Selon lui, il s’agit d’une option qui permet parfois d’éviter une potentielle fermeture.

L’économie sociale regroupe l’ensemble des activités et organismes issus de l’entrepreneuriat collectif, à savoir les coopératives, les sociétés mutuelles et les organismes sans but lucratif. Selon Jean-Martin Aussant, près de 10 % du PIB du Québec est issu de ce secteur. À noter que Montréal accueillera un forum mondial sur l’économie sociale des 7 au 9 septembre prochains.

Autres priorités

Questionné sur un potentiel retour en politique active, Jean-Martin Aussant reste intéressé et garde la porte ouverte tout en indiquant qu’il n’est pas pressé de la franchir. « Mes enfants sont trop jeunes », dit-il.

D’ailleurs, il a souligné qu’il appréciait sa nouvelle vie, moins stressante et moins énergivore que la vie politique. « De retrouver du temps pour soi, en politique, ça n’existe pas vraiment. Du vrai temps. […] Il n’y a pas vraiment de pauses en politique. […] J’ai enfin le temps de prendre des vacances, de vraies vacances. »