Québec – En dépit du fait que le don de sang se porte généralemenmt bien au Québec, le porte-parole d’Héma-Québec, M. Laurent-Paul Ménard, estime que le manque de constance des donneurs continue d’occasionner des manques épisodiques, tel celui enregistré au début du mois d’octobre dernier.
À la veille de la période des fêtes, moment difficile en termes de dons pour l’organisme, le porte-parole d’Héma-Québec, monsieur Laurent-Paul Ménard, explique comment le don de sang pourrait aller mieux au Québec.
Pour suffire à la demande québécoise, Héma-Québec doit recueillir 1000 dons par jour, sur une base continue. La période du congé de Noël, de la fête nationale et des vacances estivales se fait plus difficile pour l’organisme puisque les donneurs réguliers ont un emploi du temps plus chargé et ne vont pas nécessairement donner du sang.
« Tout est une question de constance, c’est cela qui fait la différence. Il faut faire en sorte qu’on ait des dons de façon permanente. »
Pour répondre au manque périodique, les stratégies entreprises par l’organisme à ces moments de l’année diffèrent. Vous verrez, par exemple, plusieurs collectes de sang dans les centres commerciaux pendant le mois de décembre ou des collectes sur les terrains de camping durant l’été.
Héma-Québec souhaite également rejoindre les 18-24 ans dans le but éventuel d’en faire des donneurs réguliers. Pour cette raison, l’organisme est fort présent sur les campus des cégeps et des universités à travers la province. Les dons récoltés lors de ces collectes représentent 25 % des dons totaux pour l’année 2013-2014. Les quatre centres Globule, ouverts 7 jours sur 7, ont quant à eux recueilli 12 % des dons.
Le don de sang ne deviendra jamais obligatoire
Malgré les fluctuations constantes des volumes de sang disponibles à la transfusion, rendre le don de sang obligatoire est impensable selon monsieur Ménard. « C’est une question de sécurité, tant pour le donneur que pour le receveur », dit-il. Il évoque la même raison lorsqu’on le questionne sur la possibilité de le rendre monnayable.
Le don sur base volontaire demeurera le seul moyen utilisé par Héma-Québec. « Le Code civil empêche la rémunération du donneur en échange d’un don de sang », explique-t-il. « Cela pourrait inviter les gens à mentir lorsqu’il vient le temps de remplir leur questionnaire au début du processus du don de sang. » Les 25 contraintes obligent plus de 15 % des potentiels donneurs qui se présentent dans un centre Globule à rebrousser chemin. Un simple mal de gorge, un tatouage ou un piercing récent font, par exemple, obstacle au don de sang.
Investir pour obtenir plus de dons
Le Québec n’a jamais connu de pénurie de dons de sang. Chaque année, Héma-Québec investit environ 1,2 million de dollars en publicité et cela a eu son effet. L’opinion publique face au don de sang s’est drastiquement modifiée entre la décennie 1990, où les receveurs craignaient les transfusions, et aujourd’hui. Selon un sondage réalisé en 2013, les receveurs sont maintenant très confiants à l’idée de se voir injecter du sang.
Malgré ce changement de mentalité, plusieurs personnes aptes à donner s’y opposent encore. C’est le cas de Diane Chouinard, qui, bien qu’elle connaisse l’importance du don de sang, ne se sent pas interpellée par la cause. « C’est peut-être parce que je n’ai jamais connu quelqu’un qui a eu besoin d’une transfusion sanguine », nous a-t-elle confié.
Pour sa part, Michel Thibaudeau donne du sang depuis 38 ans. Grâce aux plaquettes données au centre Globule de Laurier Québec, monsieur Thibaudeau donne l’équivalent de 50 fois par année. Il le fait pour sauver des vies, à sa façon, puisque pour lui le don d’organe ne l’intéresse pas.
La force des médias sociaux
Depuis quelques années, les médias sociaux jouent un rôle important dans la collecte de sang. En effet, ils sont un excellent moyen de communiquer avec la population en défaisant des mythes et en répondant aux questions. Les réseaux sociaux permettent également d’annoncer la baisse des réservoirs et d’inviter les gens à donner pour les remonter rapidement. Laurent-Paul Ménard explique comment l’organisme tire profit de ceux-ci.





