« Je pense que l’erreur que des artistes font, c’est de [faire de l’art] pour la reconnaissance. Moi, j’ai juste suivi mes vibrations, mon instinct et les gens se sont greffés à ça », soutient Patrick Lavallée, artiste originaire de l’Isle-Verte. (Crédit photo : Lydia Barnabé-Roy)

Cheveux en boyau d’arrosage, seins en roues de petite remorque, corps en planche à repasser. De multiples objets inusités composent les 16 œuvres d’art populaire installées tout autour du Jardin Jeanne-d’Arc aux Plaines d’Abraham à Québec. Créées par l’artiste Patrick Lavallée, originaire de L’Isle-Verte au Bas-Saint-Laurent, les sculptures de l’exposition du Jardin d’Halloween sont le résultat d’un travail acharné réalisé avec des matériaux recyclés. 

« C’est vraiment ce que je ramasse qui a un impact sur ma création », confie M. Lavallée. Depuis plusieurs années, il récolte toutes sortes de choses dans l’espoir qu’un jour, une pièce soit l’élément clé d’une de ses œuvres. Le grenier de son atelier de « gosseux », tel qu’il se surnomme, déborde de matériaux récupérés comme du métal, des ressorts, des billes, du bois et autres. Il conserve une bonne réserve au cas où il aurait une idée précise.

Selon lui, il y a une réflexion, une démarche dans le fait de donner une seconde vie à des objets. Cette manière de procéder l’inspire et permet une constante évolution de ses créations lors de leur conception. L’artiste peut expliquer la signification de tout ce qui sort du commun dans le Jardin d’Halloween.

Seize histoires et légendes québécoises, dont plusieurs auraient eu lieu sur les Plaines, ont été représentées par l’artiste. Il souligne qu’en lisant les courts textes qui inspiraient ces sculptures grandeur nature, des idées fusaient dans son esprit. Il les a donc dessinées, s’est laissé porter par ce que les mots formaient comme images en lui. Ensuite, ce sont les matériaux qui l’ont inspiré : « Parfois, je vois une pièce et j’ai un déclic », déclare-t-il. Patrick Lavallée raconte que le croquis constitue le projet de l’œuvre en noir et blanc, puis que lorsqu’il trouve le bon élément récupéré à incorporer, le dessin vire en couleurs dans sa tête.

Ainsi, pour ses sculptures sur les Plaines, il a utilisé des raquettes en bois, des tuyaux de poêle et de PVC, une roue de vélo, un vieux robinet et plus encore. Pour M. Lavallée, chaque détail est important. Quand il se sert d’un matériau récupéré, c’est qu’il représente quelque chose qui aide à la compréhension. Aussi, toutes les histoires et légendes dont sont inspirées ses œuvres sont présentées dans l’exposition. Les textes ont été inscrits sur des fenêtres recyclées, ce qui constitue un beau clin d’œil au processus de l’artiste.

Une visibilité inespérée

Être exposé sur les Plaines d’Abraham constitue un accomplissement pour Patrick Lavallée même si, au départ, ce n’était pas un objectif de se rendre jusque-là. « Je le fais car ça me fait plaisir, c’est une passion », témoigne-t-il. Il lâche d’un trait que, dans ses rêves les plus fous, il n’aurait jamais cru avoir une telle tribune.

D’autres projets s’en viennent pour l’artiste, dont un qui risque d’être dévoilé en novembre prochain. En attendant, il est possible d’aller voir l’exposition qui a commencé le 1er octobre. Cette dernière se terminera le 31 octobre. Il n’est pas trop tard pour y aller et, confie Patrick Lavallée,  « prendre un rendez-vous avec vous-même ».

Depuis la mise en place de l’exposition, Patrick Lavallée a reçu de nombreux commentaires sur ses réseaux sociaux de personnes qui sont allées découvrir les sculptures et les ont appréciées. (Crédit photo : Lydia Barnabé-Roy)