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Coup de théâtre : le milieu culturel encore ébranlé

20 octobre 2020 - 13:00

« Toute cette crise est un dur coup pour les arts de la scène. À court et moyen terme, cela sera ardu », affirme Christophe Magnan-Bossé, pianiste dans la troupe V’la l’Bon Vent à Québec. (Crédit photo : Marie-Laurence B. Nolin)


Marie-Laurence Brousseau Nolin

Le gouvernement Legault a relevé le niveau d’alerte pratiquement partout sur le territoire québécois le 13 octobre dernier. Les artistes qui se retrouvent dans les zones rouges devront de nouveau annuler ou reporter leurs apparitions sur scène. Le milieu culturel multiplie les efforts afin de ne pas sombrer en réponse aux mesures annoncées. Christophe Magnan-Bossé, musicien pigiste et pianiste dans la troupe V’la l’Bon Vent à Québec, croit que ce deuxième arrêt forcé sera un coup dur pour le monde du spectacle.

Après avoir été contraints de restreindre ou de repousser leurs performances pendant plusieurs mois, certains artistes sont parvenus à conserver leur place dans le milieu culturel. Cependant, ce que plusieurs qualifient de « deuxième vague », sera un coup dur pour le monde du spectacle qui a déjà souffert au printemps dernier. En effet, certains interprètes n’ont pas été capables de surmonter cette épreuve autant financièrement que psychologiquement.

« La Covid-19 a frappé durement mon domaine. En mars dernier, j’ai perdu, du jour au lendemain, absolument tous mes contrats prévus pour le printemps et l’été. Ce n’est pas tous les artistes qui peuvent se permettre cette perte de revenus », mentionne Christophe.

La ministre de la Culture Nathalie Roy a toutefois présenté un plan d’aide de 50 millions de dollars destiné aux entreprises culturelles le 2 octobre dernier. Cette dernière a précisé que les diffuseurs et producteurs qui allaient toucher cette aide gouvernementale devront s’assurer que les artistes seront également compensés à partir de la somme reçue. Cependant, selon monsieur Magnan-Bossé, « même s’il s’agit d’une bonne nouvelle, il est difficile d’être complètement rassuré sur le long terme ».

Malgré l’aide financière, ce musicien explique « qu’il y aura une longue période difficile pour les artistes de ce monde puisque les opportunités se font de plus en plus rares ». En effet, selon Christophe, le public perdra inévitablement un bon nombre d’artistes.

Sacrifiés à titre d’exemple

Depuis l’annonce de la fermeture des salles de spectacles dans les régions passées en zone rouge « l’incompréhension règne dans le milieu culturel », déclare le pianiste.

En effet, Luc Fortin, président de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec a confirmé avec la santé publique qu’il n’y a pas eu d’éclosions liées à des salles de spectacles lors de son entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18 sur les ondes de Radio-Canada.

Selon monsieur Magnan-Bossé, la décision de fermer les lieux de diffusion culturelle a été imposée puisque le gouvernement désire que les citoyens restent chez eux afin de « briser » la deuxième vague. « Les artistes sont extrêmement visibles aux yeux d’un large public et c’est un exemple qu’il fallait probablement donner pour ne pas revivre ce que nous avons vécu au printemps », affirme ce pianiste.

Malgré les difficultés auxquelles font face les musiciens québécois, les technologies numériques permettent de soumettre du contenu original et créatif au public. « Beaucoup d’artistes profitent de l’occasion pour se perfectionner dans l’utilisation des technologies ou pour parfaire leur art », explique Christophe. 


La Covid-19 est un coup dur pour le monde du spectacle. L’industrie culturelle devra continuer de s’adapter et de se réinventer à travers cette pandémie.

 

Pour ce pianiste, « choisir d’étudier au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec comporte déjà son lot d’incertitudes, de doutes et d’anxiété. Imaginez aujourd’hui… ». (Crédit photo : Marie-Laurence B. Nolin)

 

« La ministre a bien saisi la détresse que nous les artistes, les créateurs et les professionnels milieu culturel ressentons depuis plusieurs mois », mentionne le jeune artiste. (Crédit photo : Marie-Laurence B. Nolin)